Tombouctou: le symbole des mausolées réhabilités et sacralisés

La mosquée de Djingareyber à Tombouctou, au nord du Mali, le jour de la cérémonie de sacralisation des mausolées, le 4 février 2016.
© SÉBASTIEN RIEUSSEC / AFP

Le jeudi 4 février avait lieu à Tombouctou une cérémonie de sacralisation des mausolées pour célébrer la réhabilitation des mausolées. Il s’agit d’une étape décisive pour la renaissance culturelle de la ville au nord du Mali. En 2012, lors de l’occupation par des jihadistes, 14 des 16 mausolées inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco ont été saccagés.

C’est la première cérémonie de sacralisation des mausolées organisée dans l’histoire de Tombouctou. Une première depuis le XIe siècle, à l’initiative des communautés locales de la ville. Solliciter « la miséricorde divine pour asseoir la paix, la cohésion et la tranquillité », voilà le but de cette cérémonie célébrée à la mosquée de Djingareyber.

Le refus de l'intolérance

Selon un communiqué de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), le rituel religieux démarrait avec le sacrifice de cinq bœufs et la lecture de versets coraniques pour finir avec une Fatiha, la sourate d’ouverture du Coran et la remise des clés aux familles en charge des sanctuaires. Ainsi, toujours selon le communiqué de l’Unesco, l’imam de la mosquée souhaitait exprimer avec l’aide du Coran son refus de l’intolérance, de l’extrémisme violent et du fondamentalisme religieux.

« Nous avons tissé des liens d’amitié »

Quant à la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, elle a qualifié la cérémonie de sacralisation comme la troisième et ultime étape de la renaissance culturelle de Tombouctou : « Nous étions réunis, le 18 juillet 2015, pour l’inauguration de ces mausolées. C’était notre promesse, et nous l’avons tenue ensemble. Dans cet effort, nous avons reconstruit davantage que des monuments, nous avons tissé des liens d’amitié que rien ne pourra défaire ».

Un rempart contre tous les dangers

À l’époque, le groupe jihadiste touareg malien Ansar Dine avait détruit les mausolées sous prétexte d’une lutte contre « l’idolâtrie ». Une destruction ressentie par les communautés locales comme une véritable tragédie.

Au-delà d’être des lieux de pèlerinage et des éléments essentiels du système religieux pour la population de l’Afrique de l’Ouest, selon la croyance populaire, les mausolées constituaient un rempart protégeant Tombouctou de tous les dangers. D’où la déclaration de Baba Sekou, le responsable des familles présentes : « Nous nous réjouissons de cette cérémonie qui nous relie de nouveau à nos saints. »

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