Attaque à Tombouctou: «l'œuvre des ennemis de la paix» pour la Minusma

Un casque bleu de la Minusma photographié à Tombouctou en avril 2015.
© AFP / SEBASTIEN RIEUSSEC

Vendredi 5 février 2016, une position de la mission de l'ONU au Mali a été attaquée côté sud de la ville de Tombouctou, dans le nord-ouest du pays, par des « terroristes », comme sont appelés les jihadistes par les autorités. L'armée malienne est intervenue. Le chef de la Minusma condamne fermement l’attaque. « Elle est l'œuvre des ennemis de la paix », considère-t-il.

Le ministre malien de la Défense Tiéman Coulibaly donne les détails de l'attaque, survenue vendredi dans la matinée : « Les terroristes ont opéré une attaque dans la ville de Tombouctou, sur un camp occupé par la Minusma, et ont procédé avec une voiture-bélier bourrée d'explosifs qui a foncé sur une entrée afin d'ouvrir la voie à un deuxième échelon de terroristes qui suivait. Cette attaque a déclenché la réaction immédiate des forces armées maliennes. »

Côté assaillants, quatre jihadistes ont été tués. Côté armée malienne, un officier a également perdu la vie. Les forces armées maliennes sont toujours sur les dents, deux autres présumés jihadistes sont activement recherchés. Tard dans la nuit de ce vendredi, des opérations de ratissage se poursuivaient dans la périphérie de Tombouctou pour les rechercher.

Que ce soit côté gouvernement malien comme dans les rangs de la mission de l'ONU au Mali, on se dit persuadé que l'objectif de ces attaques est de saboter le processus de paix en cours, qui évolue en dents de scie avec des hauts et des bas. Cette attaque « est l'œuvre des ennemis de la paix. Nous sommes conscients que la paix dérange, mais elle est en marche, et la mise en œuvre de l'accord (de paix) est irréversible », considère ainsi Mahamat Saleh Annadif, chef de la Minusma.

Même si les signes de déstabilisation semblent persister dans la région, le maire de Tombouctou, Hallé Ousmane, se dit également confiant. Les récentes journées de concertation entre représentants de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et de la Plateforme, ou encore les patrouilles mixtes dans la zone, sont autant de signes positifs, veut croire l'élu.

« Ce sont les ennemis de la paix » qui ont fait ça, explique Hallé Ousmane, « ceux qui sont contre notre paix, celle que nous cherchons coûte que coûte. Et cela ne va pas nous faire baisser les bras. Cela va plutôt réactiver l'application de l'accord, la vigilance de la population et informer les forces armées et de sécurité. »