Guinée: les tensions entre Oury Bah et son parti virent au drame

Amadou Oury Bah, ancien vice-président du principal parti d'opposition guinéen, l’UFDG.
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La direction de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), la principale formation d'opposition, a annoncé jeudi 4 février l’exclusion de son vice-président Amadou Oury Bah pour « indiscipline et insubordination ». Une décision que l’intéressé conteste. Alors que le conseil politique du parti tenait sa réunion hebdomadaire vendredi, l’ex-numéro deux s’est présenté au siège avec ses sympathisants, provoquant une échauffourée. Un journaliste a perdu la vie.

Les tensions entre la direction nationale de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), la principale formation d'opposition, et son vice-président Amadou Oury Bah, exclu jeudi 4 février pour « insubordination et indiscipline », ont pris des proportions inquiétantes.

Ce vendredi 5 février, en pleine réunion du conseil politique du parti, M. Oury Bah est arrivé au siège accompagné de sa garde privée et de quelques sympathisants. Face à la garde civile du parti, qui tentait de l’empêcher d’entrer, l’ancien numéro deux de l’UFDG a forcé le passage, donnant lieu à une bousculade et à des jets de pierre.

Dans la cohue, un coup de feu a été entendu sans qu’il ne soit possible d’en déterminer l’origine. Des témoins de la scène ont ensuite vu s’effondrer un journaliste guinéen, Mohamed Diallo, touché par balle à la poitrine. Evacué aux urgences de l’hôpital Donka, l'homme a succombé à ses blessures.

« Discours diffamatoires »

En exil depuis quatre ans en France, Amadou Oury Bah était rentrée en Guinée il y a deux semaines après avoir été gracié par le président guinéen Alpha Condé de sa condamnation à perpétuité, pour atteinte à la sûreté de l’Etat suite à une tentative de coup d’Etat en 2011.

La décision de l’exclure a été prise jeudi soir par les instances de l'UFDG au terme d'un débat de quatre heures. Ce que lui reproche le parti, ce sont notamment des « discours diffamatoires et des attaques » dans les médias « à l'encontre de la direction nationale de l'UFDG et de son président », Cellou Dalein Diallo.

Amadou Oury Bah avait en effet appelé au « renouvellement » du parti et évoqué, dans un entretien accordé à RFI il y a quelques jours, « un changement de leadership pour être en phase avec la modernité ».

L'UFDG lui reproche aussi de soutenir le pouvoir à travers plusieurs sorties médiatiques. L’ex-dirigeant avait fait savoir, lors de son retour au pays, qu'il n'excluait pas de « travailler » avec le chef de l'Etat. Une position différente de la ligne officielle du parti. Amadou Oury Bah conteste son exclusion et évoque une décision nulle et sans effet.