Ouganda: l’armée s’exprime sur les élections à venir

Un véhicule de l'armée ougandaise stationne au pied de la montagne Rwenzori, non loin de la localité de Kichwamba (sud-ouest de l'Ouganda), à quelques encablures de la RDC, en décembre 2015.
© Gaël Grilhot/RFI

Les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) fêtent, ce samedi 6 février, leur 35e année d'existence. A cette occasion, plusieurs interventions publiques, cette semaine, ont donné l'opportunité à certains hauts gradés de s'exprimer sur les élections à venir. Forte de 50 000 hommes environ, l'armée dispose d'une certaine aura. A moins de quinze jours des élections générales, difficile de savoir quel rôle jouera l'armée dans ce scrutin tant les positions, selon les personnalités, sont différentes.

L'armée ougandaise est reconnue pour sa rigueur et sa discipline. Aux yeux d'une source militaire étrangère en Ouganda, elle répond à tous les critères internationaux. Mais l'UPDF, telle qu'elle existe aujourd'hui, est issue de l'Armée nationale de résistance, le bras armé du parti présidentiel - le NRM - durant la guerre contre Obote puis Okello.

Déjà, certains généraux dont le plus haut gradé, le général Katumba Wamala, ont brisé la neutralité que veut leur fonction. Le général Wamala a averti d'un retour en arrière possible, ce qui a été largement interprété comme un avertissement face à l'élection d'un candidat opposant à Museveni.

« Au lieu de dire que rien n'a été fait, les politiciens devraient poser la question : d'où est ton parti ? », a déclaré le général Wamala, défendant son bilan.

Pourtant, certains gradés affirment, dans la confidence, que le pays a besoin de changement et que l'armée ne soutiendra pas Museveni en cas de défaite. « L'armée - l'UPDF - a pour nom et pour mission de défendre le peuple », rappelle l'un d'entre eux.

Dans l'armée, le président-candidat ne compte pas que des soutiens. Parmi ses anciens compagnons de guérilla, le général Sejusa est un de ses plus virulents détracteurs. Il est actuellement en prison et fait face à un procès pour s'être notamment exprimé lors de meetings politiques de l'opposition.

Il faut aussi noter que les deux principaux opposants à Museveni dans cette campagne, Kizza Besigye et Amama Mbabazi, faisaient, eux aussi, partie de la guérilla aux côtés du président. Kizza Besigye était son médecin et Amama Mbabazi était représentant de l'Armée nationale de résistance au Kenya.