Burundi: des Imbonerakure, cibles de nouvelles violences

Des policiers et soldats patrouillent dans une rue de Bujumbura, le 3 février 2016.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

Nouvelles violences dans la capitale burundaise : cette fois dans le sud de Bujumbura, depuis la nuit de vendredi. Dans le collimateur : les membres de la Ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, les Imbonerakure, accusés de servir de supplétifs aux forces de l’ordre chargées de la sanglante répression des manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza et des violences désormais armées qui les ont suivis. Au moins cinq Imbonerakure ont été tués et quatre autres blessés dans la nuit de vendredi à samedi, puis dans la journée d’hier. Retour sur les faits, en commençant par ceux de la nuit de vendredi, des événements qui ont fait monter la tension d’un cran.

L’opération avait été minutieusement préparée apparemment. A peine trois minutes d’un feu nourri puis les assaillants se sont repliés en laissant derrière eux quatre morts et quatre blessés, tous des Imbonerakure membres de la Ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, selon des habitants de Kamesa. Il s’agit d’un mouvement que les Nations unies ont qualifié de « milice » malgré les dénégations de Bujumbura.

Contacté par RFI, le porte-parole de la police Pierre Nkurikiye s’est refusé à tout commentaire, mais ceux-ci ont fleuri sur les réseaux sociaux. Pour les militants du pouvoir de Pierre Nkurunziza, il s’agit d’ « actes de terrorisme », « un assassinat pur et simple de paisibles citoyens qui militent pour la paix ».

Confusion sur l'identité des responsables

Point de vue diamétralement opposé chez les détracteurs de ce régime, qui se réjouissent en partie de l’élimination « de jeunes miliciens » qui participaient selon eux, « aux arrestations et autres exécutions extrajudiciaires de jeunes militants d’opposition ».

Et de quoi mettre encore un peu plus d’huile sur le feu, un cinquième membre des fameux Imbonerakure a été assassiné par balles dans le quartier voisin de Musaga hier matin, toujours selon des témoins.

Aujourd’hui, une certaine confusion règne autour de la responsabilité de ces attaques, après la revendication par deux nouvelles rébellions burundaises de ces actes. Mais déjà, la colère gronde chez les Imbonerakure qui disent en avoir assez de ces provocations.