Explosion dans un avion somalien: il s'agissait bien d'une bombe

L'Airbus A321 de la compagnie Daallo Airlines, sur le tarmac de l'aéroport de Mogadiscio après son atterrissage d'urgence, mardi 2 février 2016.
© Twitter / Harun Maruf

Le gouvernement somalien reconnait que l'explosion, survenue mardi dernier dans un avion de ligne de la compagnie Daallo Airlines, était due à une bombe. L'appareil avait été contraint de faire un atterrissage d'urgence à Mogadiscio peu après son décollage. Quelque 74 passagers se trouvaient à bord. L'un d'eux avait été tué, et deux autres légèrement blessés. Dans un premier temps, les autorités avaient parlé d'un problème technique.

Mardi, l'avion avait atterri en catastrophe à l’aéroport de Mogadiscio avec un trou béant d’un mètre de diamètre environ dans le fuselage, au-dessus des réacteurs de l’aile droite. Le pilote serbe de cet A321 avait rapidement parlé d'une déflagration due à une bombe. L'explosion n’avait pas endommagé le système de navigation, précisait-il, ce qui lui avait permis de ramener l’appareil.

L'enquête confirme dorénavant qu'une bombe est bien la cause de l'explosion survenue mardi. Une bombe destinée à détruire l'appareil et tuer tous les passagers. C'est ce qu'a indiqué le ministre des Transports Ali Ahmed Jama, sur la base de l'enquête conduite par des experts somaliens et des enquêteurs de la police fédérale américaine (FBI). « Les forces de sécurité ont arrêté des personnes suspectées d’avoir été impliquées », ajoute-t-il.

Reste à déterminer comment cette bombe a pu se trouver dans l'avion. La compagnie aérienne avait annoncé jeudi qu'un passager, Abdulahi Abdisalam, manquait à l'appel des personnes qui se trouvaient à bord de l'appareil après son retour sur le tarmac de l'aéroport. Et de préciser que ce passager avait bien été tué dans l'explosion avant d'être probablement été aspiré par le vide.

Selon le Wall Street Journal, cet homme serait donc à l'origine de l'explosion. Le journal américain, qui cite une source diplomatique, explique que ce passager est monté à bord de l'avion en fauteuil roulant pour contourner les contrôles de sécurité. De son côté, le gouvernement somalien indique que la bombe aurait été cachée dans un ordinateur portable.

Après l'annonce des autorités, le chef de la police somalienne a fait savoir que les mesures de sécurité de l'aéroport allaient être renforcées, alors que dans le pays, les troupes gouvernementales et celles de la force de l'Union africaine en Somalie ont repris ce samedi le contrôle du port de Merka, vingt-quatre heures après l'avoir abandonné aux jihadistes shebabs.