Afrique du Sud: sale temps pour Jacob Zuma

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 19 février 2015 au Parlement, lors de son discours à la nation.
© REUTERS/Mike Hutchings

La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, doit examiner à partir de ce mardi 9 février une plainte à l'encontre de Jacob Zuma. Une plainte déposée par l'opposition concernant l'utilisation d'argent public pour rénover sa résidence privée. Un vieux scandale connu sous le nom de Nkandla qui vient s'ajouter à une série de déconvenues pour le chef de l'Etat.

Jamais le président Jacob Zuma n'aura été aussi vulnérable. En décembre dernier, il a provoqué un tollé après avoir renvoyé son ministre des Finances pour le remplacer par un proche sans expérience, provoquant une chute de la devise.

Jusqu'à la semaine dernière, où il a finalement accepté de rembourser une partie de l'argent public déboursé pour rénover sa résidence privée, afin de s'éviter une décision de justice.

Pour Mzukisi Qobo, analyste politique, ce qui devait être une porte de sortie « s'est retourné contre lui, et ceux qui l'ont défendu. Surtout ceux qui insistaient qu'il ne devait rien rembourser. C'est un vrai camouflet. L'affaire est claire, la médiatrice a fait un très bon travail, et l'opinion publique est très remontée contre lui. »

« Vulnérable »

Ses alliés de la Cosatu, la centrale syndicale, menacent de manifester contre ses projets de fonds de retraite. Et au sein du parti communiste et de sa propre formation de l'ANC, des voix s'élèvent pour dénoncer l'influence grandissante d'une riche famille indienne sur les choix du gouvernement.

Pour l'analyste politique Somadoda Fikeni, cette semaine est sans doute la plus difficile de tout son mandat. « Politiquement, il semble très vulnérable, depuis la débâcle autour du ministre des Finances et depuis que certains de ces alliés se sont mis à attaquer publiquement la famille Gupta et les hommes politiques qui sont sous leur influence. »

Pour couronner le tout, le président Zuma doit prononcer son discours à la nation jeudi. Et l'opposition, notamment le parti radical de Julius Malema a promis de perturber l'évènement.