Présidentielle comorienne: Mayotte la Française reste au cœur du débat

Le 29 mars 2009, Mayotte a décidé, par référendum, de devenir un département français.
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C'était il y a 40 ans jour pour jour, le 8 février 1976 : l'île de Mayotte choisissait, par référendum, à 99 %, d'être rattachée à la France. Aujourd'hui, Mayotte est encore un territoire de France. L'île est la seule de l'archipel des Comores à ne pas avoir pris son indépendance en 1975. Elle reste un sujet de revendication de la part des Comores, et une question qui ressurgit régulièrement dans le débat politique, surtout à l'approche de la présidentielle.

Si le fait que la France ait conservé l'île de Mayotte en territoire d'outre-mer lors du processus de décolonisation a toujours fait débat, il n'en est rien de son appartenance à l'archipel des Comores. Les vingt-cinq candidats s'accordent à dire que l'île de Mayotte est comorienne et doit donc réintégrer son giron naturel. Les divergences portent sur la manière d'y parvenir.

Quand certains proposent l'ouverture d'un dialogue tripartite, d'autres assènent que seul le développement économique des trois autres îles pourra débloquer cette situation. Une minorité de candidats prône une rupture radicale des relations diplomatiques avec la France, qui ne peut être qualifiée de pays ami, selon eux, dans la mesure où « elle occupe illégalement l'île comorienne de Mayotte » comme l'a indiqué l'ONU.

Chaque meeting, chaque intervention médiatique est ponctuée par le point de vue du candidat sur ce qu'on appelle ici « la question de Mayotte ». Même si la population comorienne est davantage préoccupée par la santé, l'éducation ou l'énergie, Mayotte reste un dossier important à résoudre pour tout gouvernant. Et donc, un point clé du débat électoral.


■ Quarante ans de polémiques

Dès le début, les Comoriens ont contesté le référendum ayant conduit Mayotte à rester française. Pour eux, c'était une atteinte à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale de l'archipel, une marque de la puissance coloniale de la France. Ils ont été soutenus par les organisations internationales. L'ONU, mais aussi l'Union africaine, ont réaffirmé à plusieurs reprises que Mayotte appartenait bien aux Comores. Pourtant, cela n'a pas empêché l'île de rester dans le giron de Paris.

En mars 2009, une nouvelle consultation a finalement été organisée. Résultat : victoire du « oui » pour rester en France, à plus de 95 %. Deux ans plus tard, en 2011, l'île de Mayotte est alors devenue le 101e département français. Les Français s'en félicitent, mais le conflit diplomatique perdure. Dernier épisode en date : en août dernier, lors des Jeux des îles de l'océan Indien, la délégation des Mahorais a défilé sous le drapeau tricolore en chantant la Marseillaise, l'hymne national français. Les Comoriens n'ont pas supporté. Ils se sont dits humiliés et ont décidé de retirer leurs athlètes de la compétition.

Qui peut douter de votre amour pour la République, au lendemain de votre choix historique en faveur de la départementalisation? Mayotte, référendum après référendum, n'a cessé d'affirmer son ancrage indéfectible dans la France. Mayotte, c'est la France!
Discours du président Nicolas Sarkozy à Mayotte, le 18 janvier 2010
08-02-2016 - Par RFI