Procès de l’assassinat du général Gueï: un ancien ministre à la barre

Affiche du général Gueï en septembre 2000.
© AFP/Issouf Sanogo

A Abidjan, suite du procès des assassins présumés du général Gueï, le 19 septembre 2002. Alors qu'un coup d'Etat échouait dans la capitale économique, l'ex-chef d'Etat, son épouse et plusieurs membres de son entourage avaient été retrouvés morts. Les deux principaux accusés qui comparaissent dans le box sont des militaires : le général Bruno Dogbo Blé et le colonel Séka Yapo.

Depuis le début du procès, chacun campe sur ses positions. Au fil des audiences, c'est témoignage contre témoignage, parole de l'un contre parole de l'autre. Et ce lundi n'a pas échappé pas à la règle.

Si l'on attendait l'ex-Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, cité à comparaitre et qui n'est finalement jamais venu, le ministre de la Défense de Laurent Gbagbo à l'époque, Lida Kouassi, est arrivé en fin de matinée. Il a expliqué doctement qu'il était seul au début de la crise de 2002 aux commandes du vaisseau, Laurent Gbagbo étant bloqué en Italie et Affi N’Guessan à Yamoussoukro.

« Lors de votre intervention à la télévision, quel lien faisiez-vous entre le fait d'avoir maté la rébellion et la mort du général Guei ? », demande à plusieurs reprises le président du tribunal. Feignant de ne pas comprendre, l'ex-ministre d'Etat esquive plusieurs fois la question, jouant avec les nerfs de Tahirou Dembelé. Celui-ci le remet sèchement à sa place lui rappelant que dans l'enceinte du tribunal, celui qui dirige les débats, c'est lui. Le ministre fait le dos rond avant de finalement lâcher : « Dans mon esprit, il était parmi les assaillants. »

L'après-midi, ce sont deux membres de la garde rapprochée du général Gueï qui témoignent : « C'était prémédité cet assassinat, déclare le premier, sinon pourquoi ont-ils embarqué le général et pas moi ? » Le second à qui l'on demande si le général Gueï aurait pu être l'instigateur du putsch manqué de 2002 répond, dépité : « Ce n’est pas en survêtement qu'il allait faire un coup d'Etat. »