Procès Gbgabo: le mea culpa de la CPI sur l'affaire des témoins

Le juge italien Cuno Tarfusser au procès de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 janvier 2016.
© Peter Dejong / POOL / AFP

La Cour pénale internationale présente ses excuses après l'incident de vendredi dernier au procès de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Lors d'une séance qui aurait dû se dérouler à huis-clos, les micros sont restés ouverts et on a pu entendre les noms de quatre témoins sur la chaîne publique de la CPI. Des témoins pourtant protégés. Le juge Cuno Tarfusser a tenu à revenir sur cet événement avant de reprendre ses travaux ce lundi.

L'affaire a fait grand bruit et pour cause. L’identité de plusieurs témoins protégés a été diffusée par erreur, faisant ainsi potentiellement peser des menaces d'atteinte à leur sécurité.

« La Chambre ne veut pas donner l'impression de continuer comme si rien ne s'était passé vendredi dernier, l'impression que nous n'avons pas pris la mesure de ce qui est arrivé. Ce qui s'est passé est extrêmement grave. La Chambre et toute la Cour pénale internationale d'ailleurs présente ses excuses aux personnes dont les noms ont été rendus publics », a signifié le juge Tarfusser.

L'enquête diligentée en interne est en cours. « C'est d'une telle gravité que nous avons demandé une enquête interne pour savoir comment cela a pu arriver. On ne sait pas pour l'instant si c’est de l’incompétence, de la stupidité, de la négligence ou je ne sais quoi… et je ne veux même pas me lancer dans des conjectures. Nous attendons le rapport pour savoir exactement ce qui s'est passé », a encore affirmé le magistrat.

Cuno Tarfusser demande à tous, et notamment les journalistes et les blogueurs, de ne pas relayer les noms de ces témoins protégés.