Soudan: des dizaines de milliers de déplacés en détresse au Darfour

Un enfant Soudanais se tient devant son abri au camp de Kalma (sud-Darfour) de l'ONU, le 9 mars 2014.
© AFP PHOTO/UNAMID/ALBERT GONZALEZ FARRAN

Dans l'ouest du Soudan, des dizaines de milliers de civils ont fui des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles, depuis la mi-janvier, dans la région du Jebel Marra au Darfour. Selon l'ONU, ils sont dans une situation humanitaire « désespérée » particulièrement dans deux Etats, le Darfour-Nord et le Darfour-Centre. Les affrontements opposent les forces soudanaises et l'Armée de libération du Soudan et la faction d'Abdel Wahid Nour.

Les forces soudanaises combattent les rebelles de l'Armée de libération du Soudan, du moins la faction d’Abdel Wahid Nour, depuis le début du conflit au Darfour.

Mais les combats ont récemment gagné en intensité, poussant des dizaines de milliers de civils, principalement des femmes et des enfants, à fuir une soixantaine de villages du Jebel Marra. Il s'agit du pire déplacement de populations civiles depuis une décennie dans cette région, selon l’ONU.

Dans le Darfour-Nord, on parle de 38 000 personnes. Elles vivotent dans des camps et aux abords d’une base de la Minuad, une mission de l'Union africaine et des Nations unies. Les personnes déplacées seraient encore plus nombreuses dans le Darfour-Centre, mais cette estimation est peu fiable puisque les combats empêchent l’ONU de constater l'ampleur du problème sur place.

Il ne sera pas facile de leur apporter des vivres parce que cette région montagneuse est difficilement accessible. Un convoi de camions des Nations unies est attendu ce mardi à Sortony, un village du Darfour-Nord - trois jours après son départ d’El Fasher, la capitale de l’État, samedi.

L’ONU appelle Khartoum à faciliter l'accès « libre et total » à toutes les zones affectées dans les deux États touchés par les plus récents combats.


Pourquoi l'opposition boycotte les discussions nationales

Le dialogue national, qui a démarré en octobre dernier, devrait se conclure dans les jours qui viennent. Les partis politiques qui ont accepté de négocier avec Khartoum ont âprement débattu, selon la presse locale, de sujets comme le recrutement des fonctionnaires ou les pouvoirs des services de renseignement. Ils se sont toutefois entendus sur l’opportunité de confier la future transition à l’actuel président, Omar el-Béchir. Si de petites formations politiques ont participé à ces discussions, les principaux partis d’opposition les ont boycottées. C’est le cas du Parti soudanais du Congrès, dont Khalid Omer Youssif est le numéro deux.

Le soi-disant dialogue national initié par Omar el-Béchir est une manoeuvre pour vendre à la communauté internationale sa prétendue volonté de procéder à des réformes. Mais tout cela ne rime à rien.
Khalid Omer Youssif
09-02-2016 - Par Michel Arseneault