Afrique du Sud: dans la tempête, Zuma attendu devant le Parlement

Le leader des Combattants pour la liberté économique, Julius Malema, juste avant une manifestation à Johannesbourg, le 9 février 2016.
© REUTERS/Sydney Seshibedi

Le président Jacob Zuma doit prononcer son discours à la nation ce jeudi soir devant le Parlement. Un discours particulier puisque le chef de l'Etat est l'objet de nombreuses critiques ces derniers mois pour sa gestion du pays. Des centaines de policiers ont été déployés dans le centre-ville. Au moins trois manifestations sont prévues à proximité de l'Assemblée. Et les Combattants pour la Liberté économique, le parti radical de Julius Malema, a promis une fois de plus de perturber le discours du chef de l'Etat.

Cela va être, sans aucun doute le discours à la nation le plus difficile qu'il n'ait jamais eu à prononcer. Le chef de l'Etat est extrêmement affaibli par différentes affaires. Cela va du limogeage de son ministre des Finances en décembre dernier qui avait provoqué un tollé, au scandale d'argent public utilisé pour sa résidence privée. C’est donc un président très vulnérable.

Plusieurs manifestations sont prévues autour du Parlement cet après-midi. Et le parti radical, les Combattants pour la liberté économique, de Julius Malema a prévenu. Ils vont interrompre le chef de l'Etat. L'année dernière déjà, son parti avait interpellé le chef de l'Etat au sujet de l'utilisation de fonds publics pour rénover sa résidence privée. La séance s'était terminée avec l'expulsion manu militari de ses députés de l'hémicycle et le brouillage des signaux de télécommunication.

Sécurité renforcée

Cette année, l'affaire d'abus de fonds publics est devant la Cour constitutionnelle et ne sera pas soulevée. Mais pour Julius Malema, le président doit répondre de nombreux autres sujets. « Zuma ne mérite pas qu'on lui accorde le respect qu'on doit à un chef d'Etat honnête, qui honore sa fonction et respecte la Constitution. Un président prêt à faire tout en son pouvoir pour protéger ce pays. Pour nous, il ne mérite pas ce respect et donc n'est pas digne de prononcer un discours à la nation. Pour nous, la seule chose qui serait acceptable venant de sa part serait sa démission », a-t-il déclaré.

Les autres partis d'opposition se sont désolidarisés de cette forme de protestation. Contre-productif, selon l'Alliance démocratique, le principal parti d'opposition. Ce jeudi matin, la présidente de l'Assemblée a dit qu'elle n'accepterait aucun désordre. Il en va de l'image du président, c'est un discours qui est retransmis en direct à la télévision et pas question de laisser le chef de l'Etat se faire humilier de la sorte en public. La sécurité a été renforcée. Des centaines de policiers ont été déployés dans le centre du Cap où se trouve le Parlement.