Tchad: l’opposition contre un nouveau mandat pour le président Déby

Le président du Tchad, Idriss Deby, le 22 novembre 2014.
© AFP/MIGUEL MEDINA

Au pouvoir depuis 25 ans, le président tchadien Idriss Déby est candidat pour un cinquième mandat. Il a été investi mardi par son parti, le MPS, pour la présidentielle prévue le 10 avril au Tchad.

Cette nouvelle candidature fait réagir du côté de l'opposition. Pour Laoukein Kourayo Médard, le maire de la ville de Moundou, candidat à la présidentielle avec son parti, la Convention tchadienne pour la paix et le développement, Idriss Déby a déjà passé trop de temps au pouvoir : « Vingt-cinq ans au pouvoir. Et malgré ces vingt-cinq ans, il courtise encore les militaires du MPS à l’investir pour cinq ans de plus. Ça veut dire que ça fera trente ans au pouvoir. »

« Et quand il aura fait trente ans, il va encore demander à ce qu’on l’investisse ? Ça veut dire que Déby veut mourir au pouvoir, mais c’est vraiment une honte. Moi, je trouve qu’il peut valablement laisser le pouvoir, comme l’a fait dans un passé récent le président du Mali, Amadou Toumani Touré. Mais se faire encore investir pour cinq années de plus, je trouve que ça n’honore pas le Tchad, surtout dans ce monde d’aujourd’hui, où partout ailleurs les gens parlent et proclament la démocratie. »

Ce mardi, Idriss Déby a appelé à des réformes constitutionnelles, citant notamment la réintroduction du principe de limitation des mandats présidentiels. En 2004, le chef de l'Etat tchadien avait pourtant fait modifier la Constitution pour lever cette limite et se présenter à nouveau.

Pour Clément Bagaou, député et candidat à la présidentielle pour le Parti démocratique du peuple tchadien, cette annonce n’est pas prioritaire, il faut désormais une alternance démocratique : « Il va encore modifier la Constitution pour limiter le mandat, la loi n’étant pas rétroactive, c’est pour se donner encore dix ans de plus. Je trouve que la modification du mandat n’est pas aujourd’hui à l’ordre du jour. La question, c’est comment parvenir à l’alternance ? Et c’est à la sortie des élections d’avril que le président Déby cède le pouvoir au président qui va être élu par la population tchadienne. »