Nigeria: 191 membres d'un groupe chiite devant la justice

Une affiche et des graffitis hostiles au leader du Mouvement islamique du Nigeria, à Zaria où a lieu l'accrochage meurtrier entre le groupe chiite et l'armée, le 12 décembre dernier.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Dans le nord du Nigeria, environ 200 membres d'un groupe chiite ont été inculpés mercredi de possession illégale d'armes à feu. Leur mise en accusation fait suite à des affrontements avec l'armée qui ont fait des centaines de victimes en décembre. Tous ont plaidé non coupables.

Un gigantesque procès vient de s’ouvrir dans le nord du Nigeria. 191 membres du Mouvement islamique du Nigeria doivent défiler dans le box des accusés, non pas au tribunal, mais à la prison centrale de Kaduna.

Cette affaire remonte à la mi-décembre lorsqu’une procession religieuse chiite bloque le convoi du chef d’état-major des armées. La situation s’envenime et très vite c’est le drame. Des membres du mouvement tombent sous les balles et une mosquée est détruite.

Les militaires voient, derrière cette violence, une tentative d’assassinat du chef d’état-major des armées, ce que dément le Mouvement islamique du Nigeria. Pour son porte-parole, Ibrahim Musa, le chiisme, apparu au Nigeria dans les années 1980, est un mouvement religieux qui revendique aujourd’hui 5 millions de fidèles.

« Campagnes de haine »

Depuis une vingtaine d’années toutefois, il se serait attiré les foudres des intégristes sunnites qui voient le chiisme d’un mauvais œil. Le Mouvement islamique du Nigeria a même fait l’objet de « virulentes campagnes de haine » de leur part, selon Ibrahim Musa.

On lui reproche aussi d’être pro-iranien, ce que ne dément pas son porte-parole. « Prétendre que nous sommes subventionnés par l’Iran est faux, explique-t-il. Nous ne sommes pas subventionnés. Nous œuvrons sur le terrain de la foi et des croyances. Je ne vois pas comment des subventions peuvent vous faire croire à quoi que ce soit. Mais il est vrai que certains d’entre nous sont allés en Iran pour étudier l’islam, entre autres. C’est uniquement en ce sens que nous sommes pro-iraniens. »

A Zaria, en décembre, plus de 700 personnes ont été portées disparues, selon le Mouvement islamique du Nigeria. Le gouvernement n’a encore communiqué aucun bilan officiel, mais a créé une commission d’enquête pour faire la lumière sur cette violence.