Election au Bénin: Céna et candidats tombent d'accord sur un report

(Photo d'archive) Distribution de cartes d'électeur lors de l'élection présidentielle de 2011 au Bénin.
© AFP/Fiacre Vidjingninou

Le premier tour de l'élection présidentielle béninoise du 28 février devrait être reporté, les cartes d'électeurs n'étant pas encore toutes disponibles. Un consensus a été trouvé entre la majorité des 33 candidats et les institutions chargées d'organiser le scrutin. Une concertation a eu lieu à la Commission électorale nationale autonome jeudi. La Cour Constitutionnelle doit maintenant statuer.

Avec un groupe électrogène en fond sonore, les candidats ou leurs représentants font face aux membres de la Commission électorale nationale autonome (Céna) et du comité de suivi, dont fait partie le vice-Premier ministre.

Augustin Ahouanvoebla est le président du Cos-Lépi (Conseil d’orientation et de supervision des opérations d’actualisation de la liste électorale permanente informatisée), qui produit les cartes d'électeurs. « Le Cos-Lépi a passé le marché des cartes d’électeur à un opérateur, explique-t-il. Une lettre m’a été adressée par l’opérateur technologique pour me dire : je ne peux pas vous livrer les cartes le 10, mais je ne peux vous livrer que le 15 [février]. Compte tenu de cette situation, j’ai dit qu’à la date d’hier, 13h [mercredi], on a produit 59% des cartes. »

Du côté, des candidats, c'est l'inquiétude et la colère. Le premier tour de l'élection présidentielle était prévu pour le 28 février « Je me rends compte que nous assistons en ce moment à une mascarade, à un jeu organisé. Il faut avoir le courage de la dire, le risque est trop grand », fustige Gatien Houngbédji de l'alliance UDES.

Consensus

Le président de la Céna, Emmanuel Tiando, recentre alors les débats. « Je prends bien note de tout ce que vous avez dit concernant les critiques vis-à-vis du Cos-Lépi, mais qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Il faut avancer », rappelle-t-il.

La majorité des candidats s'isolent dans une salle pour faire le point. Un consensus est trouvé. Sacca Lafia, représentant du candidat Patrice Talon, prend la parole : « Nous nous sommes mis d’accord sur le fait qu’il n’est pas possible que nous rentrions en campagne, donc le scrutin ne peut pas avoir lieu le 28. Tant que nos directeurs n’ont pas de cartes, on ne peut pas aller en campagne », insiste-t-il.

Les candidats ont proposé une nouvelle rencontre le 15 février, date à laquelle les cartes d'électeurs devraient donc être prêtes.