Procès Gbagbo: retour sur une semaine tendue à la CPI

Le procès à la CPI de l'ancien président ivoirien et de son bras droit de l'époque, avance très lentement. Laurent Gbagbo à La Haye, le 28 janvier 2016.
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Une nouvelle semaine d’audience s’est achevée vendredi à la Cour pénale internationale dans le procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ex-bras droit Charles Blé Goudé pour crimes contre l’humanité. Les travaux avancent lentement et dans un climat de tension, après la bourde de vendredi dernier lorsque la cour a fait fuiter par erreur les noms de plusieurs témoins protégés à cause d'un micro resté ouvert pendant un huis clos. Seuls trois témoins ont être interrogés depuis le début du procès le 28 janvier sur les 138 promis par l'accusation.

Un témoin qui s’emporte. Des avocats qui reviennent sans cesse sur les mêmes questions. Un président de tribunal qui demande aux parties d'accélérer le rythme. Le climat a été tendu cette semaine à La Haye. « Si ça continue comme ça, on va finir ce procès en 2050 », a même lâché lundi le juge Tarfusser visiblement excédé.

Il faut dire que pour lui la semaine débutait assez mal. Le juge a été contraint d'adresser des excuses publiques au nom de la Cour après la fuite de vendredi dernier. Un incident encore présent dans les esprits. Pour preuve : le substitut du procureur qui à plusieurs reprises cette semaine demande à vérifier que les micros sont bien coupés cette fois au moment des huis clos.

Première larmes

Autre source de tension : l'insistance du principal avocat de Laurent Gbagbo à appeler son client « Président Gbagbo ». Un terme jugé inapproprié par la représentante des victimes. Après réflexion, le juge lui donne raison. Ce sera donc « Monsieur Gbagbo ». Il n'y a pas de président qui tienne dans le prétoire.

Finalement, pour ramener un peu de solennité dans la Cour, il faudra les premières larmes de ce procès, jeudi. Celles d'une victime de la marche d'Abobo du 3 mars 2011, dont la voisine est morte ce jour-là.

Les audiences vont se poursuivre de lundi à mercredi. Puis le procès observera une pause de trois semaines avant de reprendre.