Soudan du Sud: Riek Machar redevient le vice-président de Salva Kiir

Riek Machar (D) et Salva Kiir (G) lors de la signature de l'accord de paix le 9 mai 2014, à Addis Abeba..
© REUTERS/Goran Tomasevic

C'est son ennemi juré, mais au Soudan du Sud, le président Salva Kiir a nommé son grand rival Riek Machar vice-président. Un poste que Riek Machar occupait déjà avant son limogeage en juillet 2013. Une nomination conséquence de l'accord de paix signé en août dernier, alors que le pays est déchiré par une guerre civile depuis plus de deux ans. C’est un pas symbolique, mais la confiance n'est pas encore rétablie.

Il reste de la méfiance au Soudan du Sud. Riek Machar, par exemple, n'est pas encore revenu dans la capitale Juba où il n’a pas mis les pieds depuis deux ans maintenant. Il a indiqué à l'AFP qu'il y retournerait probablement dans quelques semaines si des garanties lui étaient offertes sur sa sécurité. Ce sera un test.

Autre indice de cette méfiance : les discussions sur la formation d'un gouvernement d'union nationale sont toujours bloquées. Il y avait pourtant une date butoir, elles devaient déboucher avant le 22 janvier.

Pas d’arrêt des violences

Puis il y a eu ces dernières semaines des échanges de propos très durs sur la décision de Salva Kiir de réorganiser l'administration sud-soudanaise en triplant le nombre d'Etats régionaux. Les rebelles, ou les désormais ex-rebelles, avaient accusé Kiir d'avoir trahi le texte de l'accord de paix.

Et cet accord, signé en août, n’a pas permis la fin des violences au Soudan du Sud. Les attaques se sont poursuivies et les deux camps s'accusent régulièrement de violations du cessez-le-feu. Ces violences perdent d’ailleurs progressivement leur caractère organisé, hiérarchisé, et sont de plus en plus le fait de groupes très locaux, avec des agendas locaux.