Présidentielle en RCA: un scrutin crucial qui s'annonce serré

La campagne s'est terminée vendredi soir par un duel télévisé entre les deux candidats Anicet Georges Dologuélé (G) et Faustin Archange Touadéra (D);
© REUTERS/Siegfried Modola

Près de deux millions de Centrafricains sont appelés aux urnes ce dimanche pour départager les deux finalistes de l'élection présidentielle, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra. Ils devront également revoter pour le premier tour des législatives, annulé en raison des nombreuses fraudes et irrégularités qui avaient entaché le scrutin.

Entre les deux prétendants à la présidence, le vote s'annonce serré. Arrivé en tête du premier tour avec 23,78 % des voix, Anicet Georges Dologuélé, à la tête de sa propre formation l'URCA, peut compter sur l'appui de Désiré Kolingba, qui avait pris la troisième place du scrutin avec 12,04% des suffrages. Son parti, le RDC, est l'un des mieux implantés du pays.

Son adversaire, Faustin Archange Touadéra, crédité de 19,42%, est lui parvenu à rallier le soutien d'une vingtaine de candidats malheureux dans une volonté affichée de large ouverture, dont Martin Zinguélé, arrivé quatrième avec un score de 11,43%. Mais difficile de savoir à quel point les consignes de report seront suivies par les électeurs.

Le financier et l'universitaire, tous deux 58 ans, ont en commun d'avoir été Premier ministre, mais ils rejettent tout autre comparaison.

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Eviter le scénario du 30 décembre

Les Centrafricains voteront aussi, à nouveau, pour le premier tour des législatives, annulé par la Cour constitutionnelle. Les magistrats ont estimé que le scrutin du 30 décembre dernier avait été entaché de trop d'irrégularités pour être validé.

Les observateurs des deux camps seront présents dans tous les bureaux de vote pour veiller au bon déroulement des opérations et éviter une répétition du scénario du premier tour. L'ANE, l'autorité organisatrice du scrutin, est attendue au tournant. Mais du côté des autorités, on assure que les erreurs de décembre ont été corrigées. Le matériel a été acheminé à temps et les membres de bureaux défaillants remplacés ou formés davantage.

Samba-Panza lance un avertissement

« Des mesures correctives ont été prises pour éviter que ces irrégularités se reproduisent », a assuré samedi la présidente de transition. Dans un discours à la nation, Catherine Samba-Panza a appelé tous les Centrafricains à la responsabilité, leur demandant de se rendre massivement aux urnes, mais surtout « de le faire dans le respect du code électoral et du code de bonne conduite ».

Et la présidente de conclure par cette mise en garde : « Nous ne pouvons plus nous permettre le risque d'une autre annulation, nous entraînerions de ce fait notre pays dans le chaos. »

J'en appelle aux leaders d'opinion, aux partis politiques de bannir du rang de leurs partisans les actes et les comportements susceptibles d'attiser des tensions politiques et inter-communautaires.
Ecoutez le message de Catherine Samba-Panza
13-02-2016 - Par Pierre Pinto