RDC: le mouvement Filimbi dénonce le manque d'indépendance de la Céni

Un agent de la Céni, à Kinshasa, lors de l'élection présidentielle de 2011.
© AFP PHOTO/ GWENN DUBOURTHOUMIEU

En RDC, après l'opposition politique du Front citoyen 2016, qui appelle les Congolais à une journée ville morte le 16 février pour protester contre le retard dans l’organisation des élections, le mouvement de citoyens Filimbi a réagi, en particulier à l'annonce par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d'un nouvel appel d'offres pour l'acquisition du matériel nécessaire à la révision du fichier électoral. D'après Filimbi, cette nouvelle annonce menace le respect des délais constitutionnels, pour l'organisation d'élections avant la fin 2016.

Cette décision « confirme une fois de plus que l’indépendance de la Céni est totalement remise en cause depuis le départ, dénonce le coordinateur de Filimbi, Floribert Anzuluni, contacté par RFI. Et cette déclaration complètement inappropriée et erronée de la Céni confirme justement cette volonté de glissement. »

Pour lui, deux éléments prouvent que la déclaration de la Céni est erronée. « La première des choses, nous avons reçu l’attribution provisoire du marché à l’entreprise Zetes. C’est la même entreprise qui a géré le processus d’enrôlement des électeurs en 2005 et en 2011, explique M. Anzuluni. Le marché a été attribué, normalement il aurait fallu finaliser ce marché-là. Mais bizarrement, on se retrouve aujourd’hui à faire un nouvel appel d’offres qui va évidemment prendre du temps. »

Le gouvernement conteste

De son côté, le porte-parole du gouvernement réfute ces craintes et promet que les délais constitutionnels seront respectés. « C’est complètement insensé, réagit Lambert Mendé sur RFI. Ce que la Céni vient de prendre comme initiative est la preuve même qu’il y aura des élections en 2016. Donc à moins de chercher la petite bête, on ne peut pas s’en offusquer si tant est que l’on veut vraiment que les élections aient lieu en 2016. »

« Finalement ce ne sont pas les élections qui sont en cause, [mais] l’image, la crédibilité d’un régime ou d’un leader que l’on veut salir à tout prix, condamne le porte-parole du gouvernement congolais. Parce que [la Céni ndlr] vient d'annoncer qu’elle prend ses responsabilités, qu’elle a reçu des moyens du gouvernement, qu’elle organise le scrutin pour terminer les élections des gouverneurs et entamer la procédure de révision du fichier électoral pour les autres scrutins, qui vont avoir lieu en 2016. »

→ A (re)lire : RDC: Imbroglio autour de la révision du fichier électoral