Alex Vines: au Soudan du Sud, les «rancunes» sont tenaces

Riek Machar et Salva Kiir, le 9 mai 2014.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Ce vendredi 12 février, le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a réinstallé comme vice-président son rival Riek Machar, le chef de la rébellion. Ce dernier avait déjà occupé ce poste entre 2005 et 2013. Il s'agit d'une avancée dans la mise en oeuvre de l'accord de paix signé en août 2015. Mais de nombreux témoins de la scène politique du pays restent inquiets.

Pour Alex Vines, directeur Afrique de l'institution britannique Chatham House, au Soudan du Sud, les rancunes sont tenaces entre Salva Kiir et Riek Machar et rien n'est encore gagné dans le retour à la paix : « C'est une question de confiance. Tout cela, c'est une querelle interne à la classe politique sud-soudanaise. Nous verrons bien, mais il y a beaucoup de rancune entre les deux camps. »

Crise personnelle

« Je pense, poursuit M. Vines, qu'il sera extrêmement difficile d'avoir un gouvernement d'union nationale et de réunir l'ancien parti au pouvoir. Les aspects économiques et humanitaires de la situation indiquent pourtant que ce serait la seule manière d'avancer, mais la crise est devenue personnelle, entre ces deux hommes. C'est ce que je crains. »

« Déprimant »

Pour le directeur Afrique de l'institution britannique Chatham House, « leur accord reste très vague ». « Je ne suis pas sûr, dit-il encore, que les deux camps recherchent vraiment une solution à long terme. Et les gens qui soutiennent le président Salva Kiir et son rival Riek Machar pensent toujours qu'ils peuvent continuer la guerre pendant un certain temps, et c'est assez déprimant... Car nous sommes dans une situation vraiment horrible pour le Soudan du Sud. »