Madagascar: à deux ans de la présidentielle, les partis s'agitent déjà

Le président Hery Rajaonarimampianina, comme les leaders d'autres grands partis, placent déjà leurs pions pour l'élection de 2018.
© JACQUES DEMARTHON / AFP

A Madagascar, les grands partis commencent déjà à bouger en vue des présidentielles de 2018. Hery Rajaonarimampianina, l’actuel président, place ses pions dans les institutions et tente de rallier d’autres partis politiques. Son prédécesseur et principal opposant Andry Rajoelina, depuis qu’il a annoncé sa candidature dans la presse il y a quelques semaines, se rend au chevet des populations en difficultés. Une pré-campagne officieuse semble déjà avoir commencé, comme l’analyse la politologue Ketakandriana Rafitoson.

En nommant récemment au Sénat des partisans d’anciens présidents et de divers partis politiques, le président de la République Hery Rajaonarimampianina avait dit vouloir faire preuve d’ouverture. Mais pour Ketakandriana Rafitoson, politologue, il s’agit plutôt de se chercher des soutiens. « C’est juste une pseudo-ouverture, estime-t-elle. C’est plutôt une stratégie menée déjà en vue des présidentielles de 2018 parce que le président a cherché à embrigader d’une certaine manière les tenants des grands partis qu’il pourrait craindre lors de ces élections-là. »

Et le nouveau Sénat, largement favorable au président de la République, va maintenant devoir nommer des membres de la Haute Cour constitutionnelle et de la Haute Cour de justice. « Le parti au pouvoir va diligenter la mise en place de ces institutions-là qui pourront jouer en sa faveur à une occasion ou à une autre », explique-t-elle.

Le retour de Rajoelina

Le chef de l’Etat place ses pions et pendant ce temps, le président de la transition Andry Rajoelina est lui aussi de retour sur l’échiquier. Il a précédé Hery Rajaonarimampianina dans le sud pour distribuer des vivres à la population qui souffre de la faim. « Tout le monde se bouscule au portillon pour montrer qu’il est là, qu’il fait quelque chose, qu’il n’oublie pas le pays, etc. On est déjà dans la pré-campagne même si ce n’est pas encore déclaré », affirme-t-elle.

Elle craint maintenant que les politiques ne fassent de ces élections une priorité, deux ans avant l’échéance au détriment des projets de développement dont a tant besoin le pays.