Journaliste assassiné en Guinée: une enquête partiale pour les avocats

Des journalistes guinéens ont marché à Conakry le 8 février 2016, en mémoire d'un journaliste tué dans des heurts politiques la semaine dernière.
© CELLOU BINANI / AFP

En Guinée, les avocats de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principale force d'opposition, dénoncent une enquête orientée et partiale dans l'affaire du journaliste tué par balle le 5 février lors d’affrontements entre militants politiques.

Une première plainte a été déposée vendredi 12 février par les avocats de l'opposition. Ils annoncent également vouloir déposer une nouvelle plainte ce lundi 15 février contre le chef enquêteur.

A ce jour, 20 personnes ont été arrêtées, 20 proches de Cellou Dalein Diallo. Maître Aboubacar Sylla, membre du collectif des avocats de l'UFDG, dénonce à RFI « des enquêtes orientées » et affirme que « c’est plus politique que judiciaire ».

L’avocat ajoute à RFI : « Le premier officier a bien commencé les enquêtes. Il aurait été surpris que l’enquête lui soit retirée et soit confiée à une autre équipe. Malheureusement depuis que nous sommes devant cette équipe, les principes fondamentaux qui gouvernent les enquêtes des officiers de police judiciaire sont violés. »

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« L’UFDG a pris toutes les dispositions pour éviter ces échauffourées. Avant la réunion du bureau exécutif, le parti a pris le soin d’adresser des correspondances à la commune et à l’escadron de gendarmerie qui est situé à côté pour dire, attention il a des menaces qui sont proférées. Malheureusement personne n’a levé le petit doigt », conclu Maître Aboubacar Sylla.

Le 5 février dernier, El Hadj Mohamed Diallo, collaborateur des médias privés Guinée 7 et L'Indépendant, a été blessé par balle dans des heurts devant le siège de l'UFDG impliquant la garde civile du parti et des partisans d'Amadou Oury Bah, exclu par le parti. Le journaliste a succombé à ses blessures à l'hôpital.