Tchad: une marche dégénère après le viol d’une jeune fille

La mairie de Ndjamena au Tchad.
© obra99/Google map

Manifestation spontanée, ce lundi matin à Ndjamena au Tchad, de près de 500 jeunes après le viol d'une lycéenne. La jeune fille a été enlevée, séquestrée et violée la semaine dernière, et cela par des fils de dignitaires du pouvoir. Malgré le tabou autour du viol dans le pays, ses proches et des militants d'associations de femmes ont donc battu le pavé ce matin, mais ils ont été dispersés par la police. Des heurts dans lesquels un manifestant a été mortellement blessé.

C’est l’indignation après la diffusion sur internet des images d’une scène de viol collectif d’une jeune femme postée sur les réseaux sociaux. Lundi matin, c’est à l’appel de l'Association des femmes osant la réussite et le combat pour l'équité (Force), un regroupement de jeunes femmes cadres, qu'un rassemblement a eu lieu tôt dans la matinée devant le domicile familial de la jeune fille.

Mais très vite, le petit groupe s'est transformé en foule. « On a voulu, de manière très spontanée, s'indigner de manière collective, raconte Hayatte Ndiaye, la présidente de l’association Force. On est allés devant le portail du domicile de la victime. Nous nous sommes retrouvés à quelques-uns au départ, et puis petit à petit le cercle s'est agrandi et on a commencé à écrire [sur des pancartes ndlr] "Je suis Zouhoura", "Je suis une femme, je peux être ta femme, je peux être ta fille, je peux être ta mère", "Justice pour Zouhoura". »

Affrontements

Les élèves du lycée où étudie la jeune fille décident alors de transformer le rassemblement en marche, malgré les appels au calme lancés par la victime la veille à la télévision nationale. La foule qui avance en direction du palais de justice est escortée sur plusieurs kilomètres par la police qui décide finalement de la disperser. Dans leur fuite, un groupe d’élève affronte des policiers qui tirent à balles réelles. Un élève blessé succombera à ses blessures en fin d’après-midi.

C’est la première mobilisation de cette ampleur pour une telle affaire au Tchad. Et selon plusieurs témoignages de gens qui étaient dans la manifestation, c’est le fait que les violeurs ou les présumés violeurs aient diffusé les images sur les réseaux sociaux qui a poussé à ce ras-le-bol. Dans les rangs de la manifestation, on entendait : « Il faut mettre fin à cette impunité ».

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