Côte d’Ivoire: les femmes balayeuses d’Abidjan manifestent

Balayeuses dans les rues d'Abidjan, Côte d'Ivoire, ici en octobre 2015.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

A Abidjan et dans les communes environnantes, elles sont plusieurs centaines à rendre quotidiennement propres les grandes rues et artères de la capitale économique ivoirienne. Payées quelques dizaines de milliers de francs CFA, les femmes balayeuses sont pourtant dans l'attente de plusieurs mois d'arriérés de salaire. Les sociétés privées qui les emploient, les communes qui passent les ordres auprès des sociétés et la tutelle ministérielle se renvoient la balle, mais une solution pourrait intervenir après leur manifestation de ce lundi.

Les chauffards — qui ne manquent pas à Abidjan — manquent quotidiennement de les renverser. Dans la fumée noire des pots d'échappement, elles balayent tous les jours des déchets que la plupart des conducteurs abidjanais jettent par leurs fenêtres. Depuis plusieurs mois, ces femmes balayeuses réclament des arriérés de salaire pour un montant total de quelques centaines de millions francs CFA.

Ce lundi, elles ont de brièvement manifesté dans les rues du plateau pour obtenir des arriérés parfois vieux de plusieurs années, comme l’explique Ema, coordinatrice des femmes balayeuses : « Dans toutes les communes d’Abidjan, Plateau, Adjamé, Youpougon, Treichvillle, Port-Bouet, Marcory, Koumassi, Cocody, on aime notre travail, mais c’est l’argent qui fait défaut. Malgré cela, les femmes travaillent et parmi elles, il y en a qui gagne 25 000 francs CFA par mois. Ce n’est même pas de salaire minimum. Elles ne sont pas protégées et si tu as eu un accident, c’est ton problème. Le patron n’est même pas fichu de venir te voir, nous sommes délaissées alors que notre boulot, on le fait pour tout le monde ».

Aussitôt après leur mouvement les femmes balayeuses ont été reçues par la primature lundi dans l’après-midi. Ce mardi matin, c'est la direction de l’Agence nationale de la salubrité urbaine qui doit les recevoir pour tenter de résoudre ce problème d'impayé et, qui sait, peut-être parler de leur condition de travail.