La Guinée-Conakry paralysée par une grève générale

Stores fermés lundi 15 février 2016 à Conakry, en Guinée, en raison d'une grève générale.
© CELLOU BINANI / AFP

L'appel de deux des principaux syndicats du pays à une grève générale illimitée a paralysé la Guinée lundi 15 février 2016 pour la première journée du mouvement. Tous les secteurs de la vie économique et sociale du pays ont été touchés par cette grève, censée se poursuivre ce mardi. Les responsables des grévistes exigent entre autres la revalorisation des indemnités des retraites et des pensions, la hausse des salaires des fonctionnaires et la baisse des prix du carburant à la pompe.

«Trop, c’est trop ! Tout le monde en a assez, tout le monde en a marre ! Nous vivons actuellement ce que nous n’avons jamais vécu. » Des propos de Louis Mbemba Souma, le secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée.

L'USTG est l’un des principaux animateurs du mouvement de grève. Lundi, ce dernier a été largement suivi, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Ce qui a fait dire à un haut cadre de l’administration que la Guinée n’avait jamais été aussi morne que ce lundi.

Lorsque le gouvernement dit qu’il n’y a pas d’argent pour accéder aux revendications des fonctionnaires, Mamadou Mansaré, le porte-parole des grévistes, se souvient : « Il y a quelques mois, le gouvernement guinéen nous a dit qu’il était capable à lui seul de financer l'élection présidentielle. Ce qui veut dire qu’il y a quelques mois, les caisses de l’Etat étaient pleines ! »

Le gouvernement rappelle qu'Ebola est passé par là

Louis Mbemba Souma accuse : « Où est passé l’argent ? Nous savons que c’est la mauvaise gestion qui a conduit le gouvernement à cela, la gabegie et la mal-gouvernance. Ils n’ont qu’à prendre leurs responsabilités pour remettre les choses sur les rails. »

Le porte-parole du gouvernement contre-attaque. Albert Damantang Camara explique : « De tous les concours extérieurs qui ont été annoncés, aucun d’entre eux n’est pratiquement arrivé en Guinée. Les investissements se sont arrêtés, nous avons perdu plus de 1 000 milliards de recettes. Et l'année dernière, le syndicat nous a amenés à prendre des mesures qui ont diminué de 20 % les recettes de l’Etat sur le prix du carburant et qui a augmenté de 40 % les salaires. »

Albert Damantang Camara rappelle par ailleurs : « Nous avons vécu deux ans d’Ebola avec des effets qui sont parfois supérieurs à ceux qu’un pays en guerre aurait subis. » Et de conclure : « Voilà ce qui a vidé les caisses de l’Etat ou voilà ce qui a fait que les caisses de l’Etat n’ont pas pu se remplir ! »