Libye: le vote de confiance au gouvernement d'union nationale reporté

Le nouveau gouvernement d'union nationale est dirigé par le Premier ministre libyen Fayez el-Sarraj (ici le 8 janvier).
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La Libye célèbre dans la morosité le cinquième anniversaire du lancement de sa révolution qui a mis fin au régime de Mouammar Kadhafi, en octobre 2011. Depuis 2014, deux pouvoirs rivaux, l'un dans l'Est et l'autre à Tripoli se disputent les institutions. Mardi, un vote de confiance devait avoir lieu devant le Parlement reconnu de Tobrouk pour avaliser un gouvernement d'unité formé sous l'égide de l'ONU mais fortement controversé en Libye. Les parlementaires exigent que Fayez el-Sarraj, le Premier ministre désigné pour former un gouvernement d'union après les accords de paix de Skhirat, vienne en personne présenter son équipe.

Sa première liste, composée d'une trentaine de ministres ayant été jugée trop longue le mois dernier, Fayez el-Sarraj, le Premier ministre désigné du gouvernement d'union, a cette fois retenu 18 noms.

Mais les parlementaires ont jugé le délai trop court pour étudier les profils des ministrables. Certains craignent de voir représenter des membres de l'ancien régime, d'autres, de voir leur région négligée. La place donnée au camp du général Khalifa Haftar qui mène la bataille contre les jihadistes fait aussi l'objet de polémique.

Fayez el-Sarraj a finalement jusqu’à samedi pour venir présenter en personne son équipe et son projet de gouvernement. Un délai de plus donc, alors que la communauté internationale maintient la pression. Pour l'ONU, ce gouvernement d'union est une opportunité unique pour sortir le pays du chaos.

Anniversaire morose

Entre l'avancée inquiétante de Daech autour de Syrte, l'effondrement de l'économie, les Libyens n'ont pas le cœur à la fête, cinq ans après leur révolution. A l'image de Hicham, un habitant de Tripoli.

« Les prix des denrées ont été multiplié par trois, voire quatre. Les banques ont de moins en moins d'argent. Absolument tout s'est dégradé. Moi, je ne crois pas que je vais participer aux célébrations. Et puis, une partie de notre territoire est occupée. C'est dur de célébrer quoi que ce soit alors qu'à Syrte on tue, on pille », déplore-t-il.

Une référence à l'organisation Etat islamique qui profite du chaos politique pour étendre son influence.