Elections au Niger: polémique sur le vote par témoignage

Des étudiants passent devant des affiches de campagne de Mahamadou Issoufou et Amadou Boubacar Cissé, le 30 janvier 2016.
© BOUREIMA HAMA / AFP

Au Niger, 7% des électeurs seulement ont une pièce d'identité. Ce qui pose la question des modalités de vote dimanche pour les élections présidentielle et législatives. Le sujet est d'ailleurs au cœur de la campagne depuis plusieurs jours. Faut-il autoriser ou non le vote par témoignage ? Autrement dit, une personne qui n'a aucun papier, peut-elle voter si deux personnes à ses côtés attestent de son identité ? Ce mode de vote est accepté au Niger depuis des années. Mais cette année, la loi ne l'a pas spécifiquement autorisé et l'opposition n'en veut plus, contrairement au pouvoir. La balle est maintenant dans le camp de la Céni.

Le vote par témoignage n'est pas prévu par les lois électorales qui servent de base au scrutin, mais il a été autorisé par toutes les lois qui ont encadré les précédentes élections depuis près de 20 ans. Alors que faire ?

Aux yeux du Conseil d'Etat qui a été saisi par le gouvernement sur la question, il y a eu « vraisemblablement une omission » dans les textes de 2014, il faut donc autoriser le vote par témoignage.

Suite à cet avis rendu le 10 février, la Céni s'est réunie en plénière samedi soir et a, elle aussi, validé par un vote, l'utilisation du témoignage. Seulement l'opposition a boycotté la séance, estimant que la Céni « n'a pas vocation à légiférer ».

Est-ce parce qu'elle craint d'attiser les tensions, ou parce qu'elle a eu d'autres urgences depuis, la Céni n'a en tout cas toujours pas signé l'arrêt qui officialiserait sa position.

Le vote par témoignage concerne potentiellement plus d'un million d'électeurs dans le pays, soit environ 15 % de l'électorat, surtout rural. D'où l'enjeu qu'il représente pour les partis politiques.

Notre objectif est de couvrir l’ensemble du territoire avec 500 observateurs que nous allons déployer dans les régions puis nous allons dresser un rapport… et faire des recommandations… La tension monte au fur et à mesure que l’échéance approche
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17-02-2016 - Par Anne Cantener