Présidentielle au Congo-Brazzaville: l'opposition veut jouer sa partition

Des bulletins de vote du référendum du 25 octobre dernier, que l'opposition avait décidé de boycotter.
© AFP PHOTO

J-3 avant la clôture des dépôts de candidature pour la présidentielle au Congo-Brazzaville. Le chef de l'Etat Denis Sassou Nguesso, déjà investi par son parti, a donc jusqu’à samedi soir pour officialiser sa participation. Face à lui, déjà 9 candidats déclarés, donc 6 sont membres de l'IDC-Frocad, la principale plateforme de l'opposition. Quelques mois après l'échec du boycott du référendum constitutionnel, et après avoir multiplié les critiques sur le nouveau code électoral, l'opposition change donc de stratégie et rallie le processus.

Fini le boycott généralisé. Cette fois, l'opposition congolaise veut jouer sa partition dans le paysage électoral. Pour la première fois depuis longtemps, ses principaux leaders ont incité leurs partisans à s'inscrire sur les listes électorales. Et accepté d’envoyer une liste de candidats pour la composition de la future Céni.

Cela n'empêche pas les critiques, sur le degré d'indépendance de cette commission, ni sur les conditions d'organisation du scrutin. Mais l'IDC-Frocad dit avoir tiré des leçons du référendum d'octobre dernier. « Si on boycotte, le pouvoir avance sans nous », résume le porte-parole de la coalition d'opposition.

Ce ralliement au processus électoral est-il sincère ? Dans la majorité, certains en doutent, et craignent que l'opposition ne cherche in fine à saboter ce processus de l'intérieur.

En attendant, l'IDC-Frocad fait le choix d'aligner plusieurs candidats au lieu de se rassembler derrière un seul leader. « Bataille d’ego », disent certains, pointant le risque d'émiettement des voix. « Choix stratégique » répond l'opposition. L'idée, explique un député, c'est que chaque candidat sécurise son électorat dans son fief, dans un pays où le vote régional reste une réalité, avec un espoir : tenter d'éviter le KO au premier tour.