Concert des Eagles of Death Metal à l'Olympia: du rock et de l'émotion

Les membres du groupe de rock Eagles of Death Metal lors de leur concert à l'Olympia, trois mois après les attentats de Paris.
© REUTERS/David Wolff-Patrick/Handout via Reuters

Les Eagles of Death Metal, le groupe américain qui jouait au Bataclan le 13 novembre lors des attentats de Paris, étaient à nouveau en concert mardi soir dans la capitale française, à L'Olympia. Les rescapés du 13 novembre avaient d'ailleurs été invités. Un concert sous haute sécurité, qui alliait souvenir et retour à la vie.

« Prenons un instant pour nous souvenir ». Trois mois après la tragédie du Bataclan, les Eagles of Death Metal ont fait leur retour mardi soir à Paris, sur la scène de L'Olympia, pour un show placé sous haute sécurité et chargé d'émotion pour le groupe et ses fans.

De leur apparition, sur la musique de « Il est cinq heures, Paris s'éveille » de Jacques Dutronc, à la longue ovation finale, le public, qui comptait de nombreux rescapés de l'attentat, dont certains étaient venus avec des béquilles, a chaleureusement acclamé les musiciens.

Le 13 novembre dernier, John Mann était dans son pays : au Royaume-Uni. Les attentats de Paris et Saint-Denis, il les a donc vécus à distance. Mais pour le retour en Europe des Eagles of Death Metal, il tenait à être là. Et il ne le regrette pas.

« Je pensais que ce serait triste, une sorte de deuil collectif, confie-t-il. Mais ça ne l'était pas: c'était joyeux. Tout le monde était là pour passer un bon moment. Jesse [Jesse Hugues, le leader du groupe] était là pour passer un bon moment. »

Souvenirs et communion

Un moment joyeux mais pas simple à vivre non plus pour ceux qui étaient présents au Bataclan le 13 novembre. C'était le cas d'Estelle, venue avec deux amis. Et pour elle, il y avait des similitudes entre les deux soirées.

« On avait l’impression d‘avoir déjà vécu le concert alors qu’on l’avait pas encore fait. Mais là où on était placé, on était placé au même endroit qu’au Bataclan… Donc beaucoup de souvenirs qui reviennent d’un coup », avoue-t-elle.

Certains des spectateurs ont fondu en larmes, pris en charge par les psychologues présents dans la salle. Mais ce que Marc veut retenir, c'est avant tout que ce traumatisme unit le groupe à son public parisien. « On était connectés avec le groupe, c’était indescriptible. »

Et Marc l'assure, il retournera voir les Eagles of Death Metal en concert. Mais peut-être pas au Bataclan si le groupe fait la réouverture de la salle comme il en a exprimé la volonté.

C'était pas dans le pathos et en même temps j'ai jamais vu un groupe de rock autant regarder son public, c'est ça qui était hallucinant. Il y avait une vraie communion entre eux et nous. Après c'était un concert de rock normal...
Un spectateur à la sortie du concert
17-02-2016 - Par Alexandra Cagnard