RCA: un membre de l'Autorité nationale des élections mis à l'écart

Des observateurs comptent les bulletins de vote, dans le quartier PK5, à Bangui, le 14 février 2016.
© REUTERS/Siegfried Modola

En Centrafrique, l'Autorité nationale des élections, l'ANE, a commencé à annoncé les résultats partiels du second tour de la présidentielle. Et coup de théâtre, le rapporteur général de cette institution a été «mis à l'écart». Il est accusé d'avoir failli à son devoir de réserve vis-à-vis d'un des candidats à la présidentielle.

L'histoire est encore très opaque. Mardi, lors d'une réunion du Comité stratégique de suivi des élections, à laquelle assistait notamment des ambassadeurs et des membres du gouvernement, le Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun a lancé un pavé dans la marre.

Selon les propos rapporté par son entourage, Julius Ngouadé-Baba aurait rencontré Anicet Dologuélé, un candidat à la présidentielle, tard dans la soirée de lundi. Une journée seulement après la fin du scrutin. Une rencontre, qui, si elle a eu lieu, va à l'encontre des principes de neutralité de l'Autorité nationale des élections, l'ANE.

L'ANE est le centre névralgique de ce scrutin, puisque c'est l'instance chargée de traiter les données de la présidentielle. Julius Ngouadé-Baba est précisément le rapporteur général de cette institution. Les motifs de cette supposée rencontre restent inconnus.

Si cette information n'est pour l'instant pas confirmée, la présidente de l'ANE Marie Madeleine Nkouet a préféré « mettre à l'écart le rapporteur général », selon ses termes. Car il faut « préserver la crédibilité de l'institution » explique-t-elle.

Du côté de Dologuélé, on nie fermement toute discussion, même informelle avec l'ANE. « C'est de la manipulation pure et simple », affirme-t-on dans son entourage. Dans le camp de Touadéra, le rival de Dologuélé pour la présidentielle, on a tout de suite crié au scandale et au conflit d'intérêt, quand bien même les preuves ne sont pas suffisantes pour établir la véracité de cette prétendue rencontre.

Quoiqu'il soit, les soupçons auront suffi pour écarter temporairement Julius Ngouadé-Baba. « Il ne participera plus à aucune opération liée aux élections et ne sera plus présent au centre de traitement des données » a précisé Marie Madeleine Nkouet.