Sénégal: après l'allocution de Macky Sall, le silence de l'opposition

Le président Macky Sall peu avant l'allocution télévisée du 16 février 2016.
© HO / SENEGAL PRESIDENTIAL PRESS OFFICE / AFP

Depuis l'allocution de Macky Sall annonçant qu'il ne réduirait pas la durée de son mandat en cours, les réactions se font rares. Dans la presse, certains observateurs estiment que le président aurait pu rejeter la décision du Conseil constitutionnel. Fait marquant : le collectif citoyen « Y’en a marre » appelle pour sa part à voter « non » au référendum du 20 mars prochain. Les Sénégalais seront alors appelés à valider ou non les propositions de réformes de la Constitution proposées par Macky Sall.

Premier fait marquant de cette journée post allocution présidentielle : le silence des grands partis d’opposition, notamment du PDS, le parti d’Abdoulaye Wade. Aucun commentaire n’a été émis par les cadres du parti démocratique sénégalais notamment sur la validation du mandat de 7 ans.

Difficile peut-être d’attaquer le chef de l’Etat sur son argumentaire juridique. Notamment sur l’article 92 qui oblige toute autorité à respecter une décision du Conseil constitutionnel. Car le comité des cinq sages rend bien une décision comme l’indiquent différents juristes et non un avis en répondant à Macky Sall.

« C’est de toute façon un faux débat », indique un proche du chef de l’Etat qui poursuit : « on n'a jamais vu un pays où les décisions du Conseil constitutionnel ne sont pas respectées. Passer outre une décision de cette instance serait justement une faute juridique ».

L'appel du collectif « Y'en a marre » 

Seul à avoir réagi officiellement, le collectif « Y’en a marre » qui appelle à voter « non » au référendum du 20 mars prochain. Pour le coordinateur Fadel Barro, le président avait d’autres voies que celle du Conseil constitutionnel pour tenir son engagement.

« Il pouvait avoir ce cran : "pour ressusciter l’espoir en la politique, je vais faire le sacrifice de prendre le risque de démissionner et de laisser ça à l’appréciation des Sénégalais". S’il l’avait fait, nous tous allions nous battre, mais hélas, il n’a pas eu ce cran », tance-t-il.

« Y’en a marre » a lancé un appel à toutes les organisations de la société civile et politiques « à constituer une grande force de refus : un front du non » au référendum du 20 mars. Pour le moment aucune n’a annoncé officiellement son ralliement.

Le mouvement citoyen estime que si le projet de révision de la Constitution est validé, Macky Sall pourra briguer en 3e mandat en 2024 s’il est réélu en 2019. Un argument balayé par la présidence qui indique : « le projet de révision change la durée du mandat de 7 à 5 ans…pas le nombre de mandats successifs qui reste à deux ».