Burundi: polémique au sujet des maisons inoccupées de Bujumbura

Vue de Bujumbura, au Burundi.
© AFP/Carl de Souza

Le maire de Bujumbura dément avoir lancé une opération de réquisition des maisons inhabitées de Bujumbura pour y installer des positions militaires ou policières, comme l'ont rapporté ces derniers jours certains médias, s'appuyant sur un extrait d'une de ses déclarations. Une information qui avait soulevé beaucoup d'inquiétude auprès des dizaines de milliers d'habitants qui ont quitté la capitale.

L'affaire a très vite circulé sur les réseaux sociaux et parmi les nombreux Burundais contraints à l'exil, inquiets non seulement d'imaginer que leur domicile pourrait être réquisitionné, mais aussi que leurs quartiers se retrouvent de fait quadrillés par les forces de sécurité.

A l'origine de cette inquiétude : une déclaration d'une vingtaine de secondes dans laquelle le maire de Bujumbura dit avoir demandé à ce que soient « identifiées les maisons inhabitées » et leurs propriétaires afin, « s'il le faut », de « pouvoir les utiliser pour mettre certaines positions militaires et policières », parce que, explique le maire, « c'est dans ces maisons que parfois on trouve des armes cachées ».

Rétropédalage ou mauvaise interprétation ? Toujours est-il que ce jeudi au micro de RFI, Freddy Mbonimpa affirme que ses propos ont été déformés et promet qu'aucune maison ne sera réquisitionnée sans l'accord de son propriétaire, qu'il soit au Burundi ou à l'étranger.

Freddy Mbonimpa, n'exclut pas cependant de renforcer la présence sécuritaire, en cas de recrudescence des violences, si certaines maisons étaient transformées en cache d'armes. Il faut dire que la question foncière reste sensible au Burundi, où de nombreux conflits fonciers hérités des guerres passées sont encore loin d'être réglés.