Burundi: les moto-taxis interdits de circuler à Mukaza

Un moto-taxi à Bujumbura.
© Esdras Ndikumana / AFP

Depuis mardi, les taxis-motos n'ont plus le droit de circuler dans la commune de Mukaza, au cœur de Bujumbura. La Commission nationale de sécurité et la mairie ont pris cette décision au lendemain d'une série d'explosions causées par des grenades dans laquelle un enfant a été tué et une trentaine de personnes blessées, selon le bilan officiel. Les taxis-motos s'inquiètent des conséquences de cette décision sur leur activité.

Pour le maire de Bujumbura, cette interdiction vise spécifiquement à faire face à la multiplication des attaques à la grenade. « Cette décision a été motivée par le fait que les terroristes utilisent ces motos pour lancer des grenades. Donc pour qu’on puisse contrôler leurs mouvements, nous avons pris cette décision », explique Freddy Mbonimpa.

Les fouilles et contrôles ont également été renforcés dans tous les quartiers, précise le maire de la capitale. L'interdiction des taxi-motos ne concerne, elle, que la commune de Mukaza: « c'est là que se trouvent les ministères, les magasins...et donc les personnalités susceptibles d'être plus particulièrement visées » explique le maire.

De son côté, Gérard Nijimbere, secrétaire de l'association des motards taximen à Bujumbura dit comprendre l'impératif de sécurité mais s'inquiète des répercussions sur leur activité.

« La commune de Mukaza est au cœur des activités de transport parce que la clientèle se regroupe normalement dans la commune de Mukaza. Donc la décision a été mal accueillie », rapporte Gérard Nijimbere, qui craint « des pertes d’emplois pour nos travailleurs » mais aussi des conséquences pour « les gens qui offrent des services connexes, comme les mécaniciens. »

L'association, qui regrette de ne pas avoir été contactée en amont, espère maintenant être reçue par la Commission nationale de sécurité, pour trouver un compromis entre sécurité et liberté de circulation.