La grève générale se poursuit en Guinée-Conakry

La police arrête des manifestants dans les rues de Conakry, le 15 février, lors du premier jour de la grève générale déclarée par deux grands syndicats.
© CELLOU BINANI / AFP

La grève générale a commencé lundi et les travailleurs ont décidé de maintenir la pression : les syndicats réclament une baisse des prix du carburant et les discussions menées jusqu'à présent avec le gouvernement n'ont rien donné.

Les deux principaux syndicats du pays réclament toujours une baisse du prix du carburant à 5 000 francs guinéens, contre 8 000 actuellement. Ils veulent que la chute des cours du pétrole sur les marchés internationaux se répercute à la pompe. Louis M'bemba Soumah, le secrétaire général de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée, ne croient pas aux arguments avancés par le gouvernement.

« Ils refusent de baisser les prix, arguant que les caisses de l’Etat sont vides. C’est pas nous qui les avons vidées ! s’indigne-t-il. Ils ont parlé d’Ebola. Ebola, c’était pas tellement en Guinée. Le Sierra Leone et le Liberia y avait également Ebola, mais ils ont baissé à deux reprises les prix. Ils veulent renflouer les caisses sur les pauvres Guinéens ! »

Les autorités avancent un autre argument : la Guinée doit rendre des comptes au Fonds monétaire international dans deux mois. Et d'ici là, le pays ne peut pas creuser son déficit, et donc se passer de la taxe sur le carburant.

Le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, explique que c'est l'une des conditions fixées par le FMI. « Nous avons en suspens une contribution de la Banque mondiale d’environ 40 millions de dollars, une promesse de l’Union européenne et du FMI. Le tout tourne aux environs de 150 à 160 millions de dollars. Vous comprendrez donc que l’enjeu est énorme et que la pression sur le dos du gouvernement est d’autant plus forte. »

Les autorités espèrent obtenir une suspension de la grève jusqu'à ce que la Guinée reçoive une aide extérieure. Et à ce moment-là seulement, le gouvernement négociera une éventuelle baisse du prix du carburant.