Présidentielle aux Comores: les électeurs doivent faire leur choix

Vendeur du marché de Moroni, Comores.
© RFI/Guillaume Thibault

Demain soir à minuit les 25 candidats des élections présidentielles aux Comores cesseront leurs campagnes. Elles auront été marquées par des rebondissements juridiques, des désistements de colistiers et surtout par des attaques personnelles à l’encontre des adversaires. Très peu de propositions concrètes ou de pistes de sortie de crise dans ce pays qui figure pourtant sur la liste des plus pauvres du monde. Sur quel élément va se jouer le choix des électeurs ?

Le mois de campagne qui touchera à sa fin demain soir n’aura guère permis à la population de distinguer clairement les idées des candidats : « Aucun n’a préparé de programme. Ils montent en tribune pour se mettre en avant, se la jouer grand chef et le pire c’est que certains Comoriens les suivent partout », estime un électeur.

Même constat pour cette autre électrice : « Il est très bas le niveau surtout pour les élections présidentielles. Les candidats qui ne proposent pas de projet, qui n’ont pas de vision à long terme. C’est des promesses populistes et très démagogiques ».

Des meetings, des affiches, des sorties médiatiques colorées et même des chansons : tout est dans cette campagne à part la vision de l’avenir des candidats. Quel va être le critère de sélection pour les électeurs ? « A partir du passé de leurs actions parce que tous ont été responsables dans le pays ». « Franchement, je ne sais pas comment je vais choisir. C’est dans les urnes que je vais choisir directement », expliquent des électeurs.

Pour d’autres personnes des critères plus personnels rentreront en ligne de compte : « Celui qui m’a fait entrer au boulot, celui qui m’a offert ce boulot, je vote pour lui et je monte des manifestations pour lui montrer que je suis avec lui et je vais le voter pour ne pas perdre mon emploi tout simplement ».

Pour la première fois de l’histoire des Comores, des débats ont été organisés entre les candidats par une association pour la jeunesse. Peu habitués à l’exercice, les candidats qui ont accepté l’invitation sont restés disciplinés et timides, mais ont au moins pu exposer en profondeur leur programme. Néanmoins, la moitié d’entre eux a refusé de se plier à l’exercice démocratique.