La situation de la liberté d'expression en RDC inquiète les Etats-Unis

Une rue exceptionnellement presque vide dans le quartier de Kasavubu à Kinshasa, lors de l'opération «ville morte» appelée par l'opposition et la société civile mardi 16 février.
© Junior D. Kannah / AFP

Les Etats-Unis se disent inquiets des atteintes à la liberté d'expression et du rétrécissement de l'espace politique en RDC, en infraction, selon eux, à la Constitution du pays. Une déclaration qui intervient quelques jours après la journée « ville morte » organisée par l'opposition et des associations de la société civile et au cours de laquelle une dizaine d'arrestation et des actes d'intimidations ont été recensés, selon l'ONU.

« Eriger en infraction la contestation et les manifestations constitue une violation de la Constitution de la RDC » souligne le département d'Etat. En termes fermes, les Etats-Unis dressent une image peu reluisante de la situation de la liberté d'expression dans le pays.

Washington se dit préoccupé par le harcèlement et la détention d’activistes pacifiques et de leaders de l’opposition. Des détentions qui « étouffent la libre expression des opinions politiques diverses et contribuent au rétrécissement de l’espace politique tout en sapant la crédibilité du gouvernement de la RDC au cours de la période électorale actuelle. »

Les Etats-Unis appellent à la libération immédiate de toutes les personnes détenues, ou, au minimum, à leur garantir d'un procès équitable. Rappelons que selon l'ONU, une dizaine de personnes ont été arrêtées et d'autres intimidées dans le cadre de la journée « ville morte » de mardi dernier.

Cette déclaration intervient deux jours après la publication d'un communiqué signé par les Nations unies, l'Union africaine, l'Union européenne et l'OIF, vivement critiqué par l'opposition. Les 4 organisations appelaient au dialogue et à la tenue des élections « à bonne date ».

Mais l'absence de toute mention d'atteinte aux libertés avait été dénoncée par l'opposition, notamment par le député Martin Fayulu, lui-même détenu dimanche dernier pendant plusieurs heures, malgré son immunité parlementaire.

Le porte-parole du gouvernement dénonce une ingérence « inacceptable » des Etats-Unis. Pour Lambert Mendé, les allégations du communiqué sont « totalement fausses, ce sont des discours de discrédits jetés par l'opposition ». Et quand bien même elles seraient vraies, « personne n'a chargé les Etats-Unis de veiller au respect de la Constitution en RDC » a-t-il ajouté.

Ce communiqué démontre que son auteur se trompe d'époque parce que nous n'avons aucune leçon à recevoir de la part d'un pays étranger.
Lambert Mendé
19-02-2016 - Par Laura Martel