Mali: Manuel Valls très ferme face à la menace terroriste

Le Premier ministre Manuel Valls s'est rendu à Gao, le 19 février 2016, accompagné du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, pour rencontrer les troupes français mobilisées dans le nord Mali.
© MIGUEL MEDINA / AFP

« Nous sommes en guerre contre un ennemi global », a lancé le Premier ministre français vendredi 19 février à Gao, au Mali, à propos de la lutte antiterroriste. « C'est une guerre à mener dans la durée. Ça peut prendre des années. C'est peut-être même l'affaire d'une génération », a-t-il ajouté. C'est un Manuel Valls très déterminé qui s'est adressé aux troupes françaises stationnées au Nord Mali.

Avec notre envoyé spécial

Symbole de la fermeté du Premier ministre : le discours sur Iyad Ag Ghali, le chef du groupe Ansar Dine. Alors qu’à Bamako, plusieurs voix, comme celles de Tiebilé Dramé, se prononcent en faveur de négociations avec ce chef jihadiste, l’entourage du Premier ministre français est catégorique : « Iyad Ag Ghali est un ennemi de la paix, c’est la cible numéro 2 de l’opération Barkhane juste derrière la cible Mokhtar Belmokhtar ».

Pourquoi cette fermeté ? Parce que, 9 mois après leur signature, les accords d’Alger commencent enfin à être mis en œuvre avec le début du processus de cantonnement des groupes armés du Nord. Si demain on négocie avec les jihadistes, eh bien ceux qui ont signé il y a 9 mois se sentiront trahis et les Maliens ne sauront plus qui est qui.

Au terme de cette visite au Mali, Manuel Valls, qui dit connaître le président malien depuis de longues années, veut croire qu’Ibrahim Boubacar Keïta est sincère dans sa volonté de faire la paix avec les groupes armés du Nord. Pour lui, le processus de réconciliation Nord-Sud est en train de s’accélérer.

Le Premier ministre français pense aussi que malgré les deux attentats de l’an dernier à Bamako, la menace jihadiste recule globalement au Mali. Et dans un an, en janvier 2017, il est sûr que le pays pourra accueillir le prochain sommet Afrique-France. Quatre ans après l’opération Serval, ce sera un « magnifique symbole » dit-il. Manuel Valls fait un pari sur l’avenir. Risqué ou pas, il assume.