Viol de Zouhoura au Tchad: face à la colère, le gouvernement menace

Le viol de la jeune Zouhoura est un «acte ignoble», a estimé le président Idriss Déby.
© AFP/MIGUEL MEDINA

Au Tchad, la colère gronde toujours une semaine après les révélations concernant le viol collectif d’une adolescente dont les images ont été postées sur les réseaux sociaux. Une scène qui a suscité de violentes manifestations dans plusieurs villes du pays. Mais hier, jeudi 18 février, le ministre de l’Intérieur a sifflé la fin de la recréation indiquant que les auteurs de l’acte - des fils de dignitaires du pouvoir - ont été appréhendés et se trouvent entre les mains de la justice. Des explications qui ne semblent pas avoir convaincu.

Ce jeudi, ce sont les élèves des plus grands lycées de la capitale, des diplômés sans emploi et des élèves de la ville de Mao qui ont manifesté. A Ndjamena, la manifestation a été violement dispersée. Pour le gouvernement, il n’y a pas de doute. Les manifestants sont manipulés par des mains invisibles, selon le ministre de l'Intérieur.

« Nous sommes sûrs, nous sommes convaincus que ces élèves-étudiants sont instumentalisés par des groupes, je ne les appellerais même pas des politiciens, par des politicards au petit pied qui jettent les enfants dans la rue, lance Ahmat Mahamat Bâchir. Ce n'est pas normal ! Je dis que le festival du désordre est terminé ! »

Ce n’est pas sérieux, lui répond Brice Mbaimon Guedmbaye, président d’un parti d’opposition, qui évoque « un régime aux abois ». « Qu'un ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique déverse des injures contre des jeunes qui ont simplement choisi de demander justice pour leur collège, ce sont des menaces qui ne font ni chaud ni froid à l'opposition et à l'ensemble des citoyens, et nous lui rétorquons que nous allons continer à [inviter] les gens à opposer un refus plus net à ce régime qui est en perte de vitesse et qui doit céder la place ».

Comme hier jeudi, le gouvernement semble avoir décidé d’opposer désormais la force aux manifestants qui ne semblent pas avoir entendu les messages d’apaisement lancés depuis quelques jours.