Présidentielle aux Comores: des mesures sécuritaires antifraudes

Devant le bureau de vote de Mbeni, à 50 km de Moroni, pour le premier tour des élections législatives, le 25 janvier; le taux de participation national était de 71% contre 55% seulement dans la capitale.
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Les électeurs de l'île de Grande Comore éliront ce dimanche les trois candidats pour le second tour de l'élection présidentielle, le 10 avril prochain. Pour ce tour préliminaire, 25 candidats sont en lice, dont 23 inquiets : dans un courrier adressé à la Cour constitutionnelle, ils alertent quant à de possibles fraudes. Des mesures de sécurité importantes seront déployées dès le samedi 20 février.

Aux Comores, ce n'est pas seulement un dimanche électoral, mais tout un week-end. La cause : l’arsenal de mesure sécuritaire antifraude. Pour commencer, chacun sera confiné dans la commune où il vote dès ce soir. Des barrages de brigade routière ainsi que de gendarmerie et de police nationale seront ensuite postés à l'entrée de chaque ville de l'île.

Ce soir à minuit, seuls les véhicules munis de laissez-passer pourront encore circuler. L’objectif : limiter les déplacements de la population pour atténuer le risque de voir des électeurs aller deux fois aux urnes dans deux circonscriptions différentes.

Le vice-président Mohamed Ali Soilihi suspecté

En revanche, l'inquiétude des 23 aspirants concerne un candidat en particulier : l'actuel vice-président Mohamed Ali Soilihi et ses colistiers, dont le ministre de l'Intérieur. Si des militaires et des policiers seront placés devant les bureaux de vote, comment être assuré de la protection des urnes lors de leur déplacement alors que le chef de la sécurité territoriale est en lice au poste de vice-président dans ces élections ?

Respecter la voie légale

Autre source d’inquiétude : la Commission électorale nationale indépendante. Depuis l'éviction manu militari de deux commissaires, l’institution est remise en cause, car l’action ne respectait pas la voie légale selon ses détracteurs. Elle avait pourtant été validée par un décret présidentiel avant d'être retoquée par la Cour constitutionnelle.

Autant d'éléments qui font craindre aux candidats la mainmise du pouvoir en place. La journée de demain devrait répondre à certaines de ces interrogations.


Un scrutin un peu particulier

Les Comores ont mis en place un système de présidence tournante. Ainsi, les trois îles de l'archipel sont représentées chacune leur tour. Et cette année, le chef de l'Etat doit venir de la Grande Comore.

Vingt-cinq candidats sont en lice pour ce premier tour qui n'en est pas vraiment un. Il s'agit plutôt d'un tour préliminaire : ce dimanche, seuls les habitants de la Grande Comore, c'est-à-dire la moitié des électeurs, se rendent aux urnes pour effectuer un premier choix.

A l'issue de ce premier tour, il n’y aura plus que trois candidats. La prochaine étape du scrutin aura lieu avril et cette fois, tous les habitants des Comores voteront pour choisir leur nouveau président.

Parmi les candidats, il y a celui du pouvoir sortant que les Comoriens connaissent mieux sous son surnom Mamadou que sous son vrai nom Mohamed Ali Soilihi. Il est le vice-président en charge des Finances. Face à lui, il y aura notamment l'ancien chef de l'Etat, Azali Assoumani, le gouverneur de la Grande Comore, Mouigni Baraka, ou encore Fahmi Said Ibrahim, qui est le poulain de l'ex-président Sambi. Une seule femme: elle s'appelle Youssouf Abdou Moinaecha.