Guinée: grève générale suspendue, le prix du carburant est maintenu

Le grève générale a débuté lundi 15 février en Guinée (ici sur la photo) et a été suspendue vendredi après la signature d'un accord de sortie de crise entre les syndicats et le gouvernement.
© CELLOU BINANI / AFP

En Guinée, la grève illimitée est suspendue. Avec le gouvernement, les syndicats ont signé un accord de sortie de crise vendredi 19 février. Le mouvement de grève avait commencé ce lundi dans la capitale et dans plusieurs villes de l'intérieur du pays. Principales revendications ? La hausse des salaires des fonctionnaires et la baisse du prix du carburant. Le carburant, finalement maintenu à son prix initial, est toujours vendu à 8000 francs guinéens le litre.

« La grève est officiellement suspendue ! » A la sortie de l'assemblée générale, certains travailleurs sont mécontents. « On a été trahis ! », clament certains, pendant que d'autres crient victoire : « c’est la nation qui a gagné, vive la solidarité ! »

Même si les avis sont partagés, les leaders syndicaux se disent satisfaits. Mamadou Mansaré est le porte-parole du mouvement syndical. « Sur l’ensemble de la plateforme revendicative, nous avons été satisfaits, même sur le point du carburant, estime-t-il. Je dirais que l’accord, trouvé dans l’intérêt de la nation guinéenne, est responsable. » A ceci près que « le prix du carburant reste maintenu à 8 000 francs », constate-t-il.

Pour la baisse du carburant, la revendication n'est pas enterrée mais reportée. Il faudra attendre la prochaine réunion avec les bailleurs de fonds internationaux. Le député Amadou Camara a conduit les négociations. « A pousser la grève, nous pouvons perdre le programme avec le Fonds monétaire (international, le FMI, ndlr). Et si nous perdons ce programme, nous n’aurons pas les ressources nécessaires pour faire face à leurs revendications », assure-t-il.

« Même le salaire minimum qui est payé aujourd’hui régulièrement pourrait ne pas être payé si nous n’avons pas le programme avec le Fonds monétaire parce que tous les autres bailleurs de fonds vont faire rétention de leurs promesses de financement », explique Amadou Camara. Un protocole d'accord entre syndicats et gouvernement a été signé ce vendredi.