Elections au Niger: ce qu’il faut retenir du premier tour du scrutin

Début du dépouillement des bulletins à la lampe torche, à l'école Yantala 2 à Niamey.
© RFI/Marie-Pierre Olphand

Quelque 7,5 millions de Nigériens ont été appelés à choisir entre quinze candidats pour présider le pays. Alors que certains bureaux de vote ont entamé le dépouillement, dans d'autres, le vote se poursuit. Retard à l’ouverture des bureaux de vote, files d’attente interminables à Niamey et votes par témoignage, RFI dresse le bilan du premier tour du scrutin.

Les électeurs se sont déplacés en masse 

Dans plusieurs bureaux de vote de la capitale, il y avait peu d’électeurs le matin à l’heure d’ouverture. La tendance s’est inversée : des files d’attente désordonnées se sont formées au fur et à mesure de la journée. Comme à l’école Yantala 2 de Niamey, où les Nigériens attendaient encore impatiemment leur tour à une heure de la fermeture du scrutin. Le taux de participation n’a pas encore été communiqué à l’heure actuelle.

Les électeurs ont attendu pendant plusieurs heures dans les bureaux de vote de Niamey
21-02-2016 - Par RFI

■ Des retards importants mais aucun incident n'a été signalé

Selon le réseau ouest-africain Wanep, qui bénéficie d’un millier de relais dans le Niger, plusieurs bureaux de vote ont ouvert avec plusieurs heures de retard dans le pays. Le réseau d’observateurs pointe un manque de matériel électoral et l’absence du personnel de bureau. Il manquait notamment des bulletins, de l'encre ou des présidents et assesseurs.

« Nous avons beaucoup d'inquiétudes pour le vote à Niamey et dans beaucoup de localités », avait commenté Seïni Oumarou, un des candidats favoris, à la radio Tenéré.

Les bureaux de vote devaient fermer à 19h pour commencer le dépouillement, mais dans certains endroits du pays, les retards se sont accumulés. Dans le nord, par exemple, certains bureaux de vote n'avaient pas encore ouvert à 18 heures, et le vote sera reporté à lundi, selon le président de la commission électorale à Agadez.

Autre explication à ce retard : le vote par témoignage. Faute de papiers d’identité, bon nombre d’électeurs sont venus accompagnés de deux témoins afin de certifier de leur identité, ralentissant le processus du scrutin. Accepté au Niger depuis des années, ce mode de vote concerne potentiellement plus d'un million d'électeurs dans le pays, soit environ 15 % de l'électorat, surtout rural.

Dernière explication : le double scrutin. Les électeurs doivent mettre deux bulletins dans l’urne : l’un pour les législatives et l’autre pour la présidentielle, ce qui déboussole par ailleurs ceux qui n’ont jamais voté.

Les déclarations de Mahamadou Issoufou

« Il n’y aura qu’un seul grand vainqueur à l’issue du scrutin, a déclaré pour sa part Mahamadou Issoufou ce matin après avoir voté, ce sera le Niger. »

Le président a ajouté : « C’est un grand jour pour le Niger, c’est un grand jour pour nos institutions. Le Niger a besoin d’institutions démocratiques fortes et stables. »

Quinze candidats briguent le fauteuil présidentiel, mais celui que l’on surnomme le « lion » a prédit une victoire par « un coup KO » dès le premier tour face à une opposition divisée, mais qui a promis de s'unir au second tour. Elle accuse le président de préparer un « hold-up » et la crainte de troubles postélectoraux a commencé à gagner les esprits. Les résultats doivent être annoncés dans les cinq jours suivants le scrutin.