Zimbabwe: tension autour de la succession de Robert Mugabe

Robert Mugabe lors de sa fête d'anniversaire en février 2015.
© REUTERS/P. Bulawayo

En soufflant ses 92 bougies, Robert Mugabe est devenu le plus vieux président en exercice du monde en dirigeant le Zimbabwe d’une main de fer depuis 36 ans. Mais depuis plusieurs années, son parti, ZANU-PF, se déchire sur fond de lutte pour la succession, même s'il l'a désigné candidat pour la présidentielle en 2018. Lors de sa traditionnelle déclaration télévisée préanniversaire, Mugabe a critiqué les leaders de factions.

« On abuse du président et on abuse de son épouse », a regretté Robert Mugabe. Flanqué de ses deux vice-présidents lors de cette allocution d’une trentaine de minutes, Mugabe s’est fait menaçant : « Nous allons prendre des mesures et brandir pour rétablir la discipline. »

L’ex-vice-présidente, Joyce Mujuru, qui vient de lancer un parti concurrent, avait été éconduite lors d’une purge en 2014. Une autre vague d’expulsions semble en cours.
Mugabe a de nouveau été désigné candidat de la ZANU-PF pour les élections de 2018, et entretient le suspense : il n’a pas toujours pas désigné de successeur.

Résultat : la bataille fait rage entre ses prétendants au sein du parti. Elle oppose l’actuel vice-président, Emmerson Mngangagwa, ancien chef des armées, et l’épouse du président, de quarante ans sa cadette.

Mais Grace Mugabe n’est pas franchement populaire au Zimbabwe. Pour cause, elle a eu des mots durs vis-à-vis des vétérans de la guerre de libération en décembre. Ils ont manifesté cette semaine. En réponse, la police a eu recours aux canons à eaux et aux gaz lacrymogènes pour les disperser.

Mnangagawa, le rival de Grace Mugabe jouit du soutien d’une partie de ces vétérans. Alors que certains estiment que Mugabe doit partir, le camp de Grace défend son droit à diriger le pays jusqu’à sa mort, et le principal intéressé ne voit sans doute pas les choses autrement.

La grande fête souvent coûteuse pour célébrer le 92e anniversaire devrait se dérouler le week-end prochain dans la ville de Masvingo dans le sud du pays.

 → A (RE)LIRE : [Reportage] Zimbabwe: la bataille pour la succession