Ouganda: l’opposant Besigye de nouveau arrêté par la police

Des policiers devant la porte du bureau du leader de l'opposition Kizza Besigye, à Kampala, le 19 février 2016.
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En Ouganda, le principal opposant, Kizza Besigye, a été arrêté, ce lundi 22 février au matin. Depuis le scrutin présidentiel du 18 février, c’est sa troisième arrestation. Kizza Besigye avait appelé ses partisans à se diriger vers le siège de la Commission électorale, après avoir mis en cause la crédibilité des résultats donnant la victoire, au premier tour, du président sortant Yoweri Museveni.

Kizza Besigye, l’ancien médecin du président Museveni, était assigné à résidence depuis vendredi soir mais ce lundi matin, il a été arrêté et emmené dans un fourgon de police au commissariat de Nagalama, à une quarantaine de kilomètres au nord de Kampala.

Besigye avait appelé ses partisans à l'accompagner à la Commission électorale qu’il accuse d’être à la botte du pouvoir. La police a également investi le siège de son parti, le Forum pour le changement démocratique (FDC).

« Les policiers ont arrêté huit employés chargés de saisir les résultats électoraux dans nos ordinateurs. Ils nous ont ensuite empêchés d’entrer, nous, les dirigeants du parti, et ont dispersé les journalistes que nous avions invité à assister à une conférence de presse », a déclaré le président du FDC, Mugisha Muntu, à RFI.

L'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, qui dirige une mission d'observation du Commonwealth, a appelé le gouvernement et l'opposition à « travailler ensemble dans un esprit de dialogue ouvert et inclusif ». De leurs côtés, les Etats-Unis ont dénoncé le « harcèlement » dont l’opposition fait l'objet et ont estimé que le scrutin n'était pas « en adéquation avec les normes internationales » en matière de processus démocratique.

Patrick Onyango, porte-parole de la police, a confirmé l'arrestation de Besigye en faisant valoir que ce dernier avait l'intention « d'aller causer des violences autour des locaux de la Commission électorale », a-t-il déclaré à l’AFP.

Besigye, 59 ans, est arrivé deuxième avec 35% des voix, loin derrière Museveni (61%), au pouvoir depuis 30 ans et réélu pour un cinquième mandat.