Présidentielle au Congo-Brazza: Moungalla critique le boycott de l'UE

Le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso et son épouse Antoinette votent pour le premier tour des élections législatives à Brazzaville, le 15 juillet 2012 (photo d'illustration).
© AFP/GUY-GERVAIS KITINA

Le gouvernement du Congo-Brazzaville regrette la décision de l’Union européenne (UE) de ne pas envoyer d'observateurs pour le scrutin présidentiel du mois prochain, pour lequel le président sortant Denis Sassou-Nguesso est candidat à sa réélection. La démarche de l'UE relève du procès d'intention, selon Thierry Moungalla, ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement congolais.

Bruxelles estime que la réforme de la loi électorale du 23 janvier ne permet pas d'assurer le caractère démocratique, inclusif et transparent de l'élection. L'Union européenne émet des réserves notamment sur la désignation par décret présidentiel du chef de file de la Commission électorale et a décidé en conséquence de ne pas envoyer d'observateurs pour le scrutin du mois prochain.

« Cautionner ou refuser de cautionner à l’avance une élection qui n’a pas encore eu lieu, ça me paraît un concept assez curieux, réagit sur RFI Thierry Moungalla, ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement congolais. L’Union européenne est tout à fait en droit de décider de ne pas envoyer d’observateurs. Cela étant, ça lui retire aussi au passage la possibilité demain de juger de la qualité du processus qui va aboutir à l’élection du président de la République. »

Pourtant, l'UE a tout de même observé la composition de la Commission électorale et examiné le fichier électoral. Dans certaines régions, le nombre d’inscrits semble supérieur au chiffre de la population en âge de voter.

« Ça, c’est vu de Bruxelles, manifestement, commente Thierry Moungalla. Moi ce que je note, c’est que toutes les parties en présence ont appelé leurs électeurs potentiels à s’inscrire massivement sur les listes électorales. Cette révision des listes électorales donc consensuelles a abouti à l’inscription d’à peu près 70 000 à 80 000 Congolais supplémentaires. Donc je ne vois pas, dans cette observation faite depuis Bruxelles, quoi que ce soit qui puisse montrer l’existence de gonflements de listes électorales. »