RDC: Ban Ki-moon à la rencontre des déplacés du camp de Kitchanga

Ban Ki-moon dans le camp de déplacé de Kitchanga, au Nord-Kivu, le 23 février 2016.
© RFI/Sonia Rolley

Ban Ki-moon est arrivé mardi soir en République démocratique du Congo. Il doit rencontrer ce mercredi 24 février le président Joseph Kabila, l’opposition et la majorité pour tenter de trouver une solution à ce qui ressemble de plus en plus à une crise politique alors que la perspective de l’élection présidentielle dont la date est prévue par la Constitution s’éloigne. Il était aujourd’hui dans l’est du pays où il a visité au pas de course un camp de déplacés dans la localité de Kitchanga.

Ce sont surtout les femmes et les enfants que Ban Ki-moon tenait à rencontrer dans le camp de Kitchanga, au Nord-Kivu. Une visite minutée, mais le secrétaire général de l’ONU s’arrête pour discuter près d’un point d’eau pour parler.

Le premier arrêt obligatoire, c’est devant une petite boulangerie financée par le HCR. Une jeune femme lui explique que depuis qu’elle et d’autres femmes font cette activité, elles n’ont plus à sortir du camp. Or, le risque est grand de se faire violer, explique-t-elle en substance.

Plus loin, les femmes toujours lui disent qu’elles souhaitent rentrer chez elles, mais qu’il n’y a pas de sécurité. Elles demandent à Ban Ki-moon d’aider à ramener la paix dans l’est de la RDC.

« Un jour vous deviendrez peut-être secrétaire général de l'ONU »

Troisième arrêt, dans une école où locaux et déplacés se côtoient. Le secrétaire général des Nations unies raconte aux enfants que lui-même a été obligé de fuir enfant, à l’époque de la guerre de Corée. Et que, comme eux, il a vu arriver ses agences onusiennes qui l’ont aidé à vivre et à étudier. « Il faut travailler dur », leur conseille Ban Ki-moon. « Et un jour, vous aussi, vous deviendrez peut-être secrétaire général des Nations unies ou président de votre pays ».

« Aujourd'hui, nous avons 60 millions de personnes à travers le monde. C'est le plus grand nombre de déplacés et de réfugiés depuis la fin de la guerre de Corée, souligne-t-il. On essaie de faire de notre mieux. Je sais que nous souffrons d'un manque de moyens. Les Nations unies ne peuvent pas y faire face seules. Aucun pays ne le peut seul. Nous avons besoin du soutien des Etats membres. C'est pourquoi je vais convoquer le premier sommet mondial de l'Histoire sur l'action humanitaire et puis un autre en septembre sur la question des migrations et des réfugiés. »

De l'aide pour maintenir les camps de déplacés

Le numéro un de l’ONU se met ensuite à distribuer des repas aux enfants : foufou et haricots. Un officier de l’armée congolaise n’en revient pas : « Jusque-là, les gens pensaient que c’était un petit dieu, ce ne sont pas nos autorités qui feraient ça ».

Dans son point de presse, Ban Ki-moon évoque la fermeture des camps de déplacés annoncés par les autorités du Nord-Kivu. Il y a quelques semaines, les autorités provinciales avaient fermé l'un de ses camps brutalement, brûlé les huttes des déplacés pour qu'ils ne reviennent pas. « J'en ai parlé avec le gouverneur qui est avec moi ici, je lui ai dit de ne pas fermer les camps. Je sais qu'il manque de ressources, les Nations unies vont travailler avec le gouvernement local et central, promet-il. C'est important de pouvoir fournir une assistance vitale à ces gens qui ont besoin quotidiennement d'une assistance humanitaire. Pour ce qui est du retour des déplacés, il est important que les gens soient protégés des violences, et en particulier les femmes et les filles. »