Réfugiés burundais: le Rwanda promet de respecter ses engagements

Des réfugiés burundais photographiés le 10 avril 2015 au Rwanda.
© AFP PHOTO / STEPHANIE AGLIETTI

Une délégation du Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et la ministre rwandaise en charge des Réfugiés sont allées à la rencontre des réfugiés burundais dans le camp de Mahama, dans l'est du pays. Cette visite intervient alors que le gouvernement rwandais, accusé d'ingérence au Burundi, a pris de cours la communauté internationale en annonçant le 12 février dernier vouloir « relocaliser » vers des pays tiers les réfugiés burundais présents sur son sol. Si la ministre rwandaise a affirmé que son gouvernement ne reculera pas sur cette mesure, elle a tenté de rassurer en expliquant que le Rwanda respectera ses engagements internationaux.

Le HCR avait exhorté le gouvernement rwandais à clarifier publiquement sa position. C'est donc chose faite. Séraphine Mukantabana, la ministre rwandaise en charge des Réfugiés, s'est longuement adressée aux Burundais du camp de Mahama, avant de s'expliquer face à la presse.

« La décision que le gouvernement rwandais a prise est sans recours, mais n’amène pas le gouvernement rwandais à aller à l’encontre des engagements que le gouvernement a signé par rapport à la Convention sur les réfugiés de 1951 et à la convention de l’OUA [Organisation de l'unité africaine ndlr] », a assuré la ministre.

Il n'y aura donc pas de rapatriement de force des réfugiés dans leur pays d'origine, a-t-elle assuré, ajoutant que le Rwanda n'allait pas interrompre son « assistance humanitaire ».

Satisfaction du côté du HCR

De son côté, Saber Azam, représentant du HCR au Rwanda, a également tenu à rassurer les réfugiés. « Nous leur avons dit en effet que le Rwanda ne va pas forcer les gens à quitter [le Rwanda], que le Rwanda va laisser ses portes ouvertes à tous ceux qui fuient les persécutions et les dangers de mort dans leur pays d’origine. Je crois que c’était des messages que nous devions apporter aux réfugiés pour que les mauvaises interprétations des messages soient évitées ».

Impossible d'interroger librement les premiers concernés sur leur opinion à la suite de ces annonces lors d'une visite une nouvelle fois très encadrée.