Durée du mandat de Macky Sall: la classe politique sénégalaise divisée

Le président sénégalais Macky Sall.
© AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

Il y a une semaine, Macky Sall annonçait que sa promesse de réduire son mandat en cours de sept à cinq ans ne serait pas respectée. Une semaine après, la classe politique et la société civile sont en pleine reconstruction. Deux camps s’opposent : ceux qui se félicitent de la décision du président et ceux qui la critiquent, avec en ligne de mire le référendum du 20 mars, scrutin qui devra valider, ou non, le projet de révision constitutionnelle proposé par Macky Sall.

Avec notre correspondant à Dakar,  Guillaume Thibault

La campagne pour ce référendum n’est pas officiellement lancée mais sur les quatre derniers jours, ce sont près de quarante communiqués qui ont été envoyés aux médias. Le parti au pouvoir et ses organisations satellites réaffirment leur soutien total au chef de l’Etat et saluent « l’excellent choix de Macky Sall d’avoir suivi la décision du Conseil constitutionnel de ne pas réduire le mandat en cours ».

Dans le camp d’en face, le camp des fâchés, deux tendances apparaissent : d’abord, il y a ceux qui appellent au boycott. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, est pour le moment proche de cette tendance. Pour lui, le projet de révision, vidé de sa substance, a peu d’intérêt. Le délai d’un mois trop court. Il demande donc un report sinon, dit-il, « il nous restera une seule option : battre campagne activement pour le boycott afin qu’un fort taux d’abstention indique clairement le puissant désaveu du peuple sénégalais aussi bien de la non-réduction du mandat en cours, que de la tenue précipitée d’un référendum qui était si attendu pour l’avenir de nos institutions ».

Il y a enfin le camp du non. Ceux qui veulent faire payer à Macky Sall dans les urnes le non-respect de sa parole. La société civile, qui a soutenu son élection et s’est ensuite délitée au fil du temps est en train, en partie, de se recomposer, de reprendre du poil de la bête. Le mouvement Y'en a marre cherche à s’allier avec des associations de défense des droits de l’homme et devrait officialiser cette semaine la création d’un front. Le front du non.