Tchad: «Ça suffit» lance une journée ville morte contre Idriss Déby

Le président tchadien Idriss Déby fait face à une fronde de la société civile contre sa candidature pour briguer un cinquième mandat à la tête du Tchad.
© REUTERS/Tiksa Negeri

Au Tchad, la société civile est engagée pour exiger le départ du chef de l'Etat, Idriss Déby Itno. A travers une coalition intitulée « Ça suffit », elle entend multiplier les actions pour rendre impossible la candidature du président tchadien qui brigue un cinquième mandat à la présidentielle du 10 avril prochain. Ce mercredi 24 février, la coalition appelle à une journée ville morte.

Dans le manifeste qui le met en place, la coalition « Ça suffit » se pose en alternative pour arriver au changement de régime parce que les acteurs politiques, notamment l'opposition, ne jouent pas leur rôle. Pour arriver à l'alternance, la coalition entend multiplier des actions pour rendre impossible une candidature d'Idriss Deby à la présidentielle du 10 avril.

« "Ça suffit", en collaboration avec la coalition "Trop, c’est trop", vous demande d’observer le mercredi 24 février 2016 une journée ville morte sur toute l’étendue du territoire, scande Mahamat Nour Ibedou, un des porte-parole de la coalition. Il est temps de réagir afin de démontrer à vos fossoyeurs que vous pouvez changer votre destin. Restez chez vous ce jour-là. En accomplissant ce geste, vous poserez un acte patriotique qui peut changer quelque chose. »

Ce n'est pas constitutionnel de chercher à empêcher un président en exercice de concourir à une élection présidentielle, lui répond Mahamat Digadimbay, coordonnateur de la Coordination des associations de la société civile et de défense des droits de l'homme (CASCIDHO), une ONG proche du pouvoir. « C’est le peuple qui décide de l‘alternance, dit-il. Si le peuple sanctionne Idriss Déby et s’il décide de rester, alors là c’est autre chose. Mais pour le moment, nous pensons qu’il faudrait que le président Idriss Déby participe comme tout autre candidat aux élections présidentielles. »

Ce mercredi, le respect ou non du mot d'ordre de « ville morte » permettra de jauger les forces en présence.