Déforestation en Afrique: Greenpeace interpelle Vincent Bolloré

Pour l'ONG de défense de l'environnement, les plantations d'hévéas et de palmiers à huile menacent de nombreuses forêts en Afrique.
© Getty Images/Peter Arnold/Martin Harvey

Greenpeace tire la sonnette d’alarme face aux menaces de déforestation accélérée en Afrique. Dans un rapport publié ce mardi 23 février, l’ONG de protection de l’environnement, s’intéresse aux plantations d’hévéas et de palmiers à huile exploitées par un groupe luxembourgeois, la Société financière des caoutchoucs (Socfin) présente dans huit pays africains et qui refuse de prendre des engagements de protection des forêts. Greenpeace interpelle par ailleurs l’homme d’affaires français Vincent Bolloré, très actif en Afrique.

De plus en plus d’investisseurs, de planteurs et de courtiers de palmiers à huile et d’hévéas s’intéressent beaucoup à l’Afrique et particulièrement au bassin du Congo. Le rapport que Greenpeace vient de sortir pointe une entreprise : la holding luxembourgeoise Socfin.

« Le groupe Bolloré est actionnaire à hauteur de 38,75 % exactement de la Socfin, explique Cécile Leuba, chargée de campagne forêt chez Greenpeace France. C’est pour cela qu’aujourd’hui, on s’adresse directement à Vincent Bolloré pour lui demander de s’engager contre la déforestation et de faire pression sur cette entreprise, la Socfin, pour qu’elle aussi puisse s’engager contre la déforestation. »

Les discussions n'avancent plus, selon Greenpeace. L'ONG est en contact avec la Socfin depuis plus d’un an et avec le groupe Bolloré depuis près de six mois. En République démocratique du Congo par exemple, la Socfin aurait une concession de 29 066 hectares dont 6 090 plantés. Environ 20 000 hectares de forêts denses sont donc potentiellement menacés. « Jusqu’à présent, la Socfin refuse de publier une politique zéro déforestation qui réponde aux standards les plus élevés », regrette Cécile Leuba.

De son côté, Vincent Bolloré botte en touche et dit n'être qu'un facilitateur du dialogue entre la Socfin et la société civile.