Présidentielle aux Comores: les perdants exigent un recomptage

Une vingtaine de candidats ont adressé une requête à la Céni après que des irrégularités ont été constatées.
© IBRAHIM YOUSSOUF / AFP

Au lendemain de l'annonce des résultats provisoires du tour préliminaire de l’élection présidentielle aux Comores, des voix s'élèvent pour protester contre la Céni. Des irrégularités ont été constatées et les tensions déjà vives durant les 48 heures d'attente du comptage se cristallisent. Le vote de dimanche a permis de désigner les trois candidats qualifiés pour le second tour. Mais le scrutin pourrait être remis en question.

Une vingtaine de candidats à l’élection présidentielle comorienne ont signé une requête adressée à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) afin de demander un recomptage des voix en présence de représentants de chaque candidat.

Des irrégularités ont été constatées, par exemple le total des suffrages pour les gouverneurs atteint 104%. Un membre de la Céni aurait confié que le logiciel de calculs sécurisé et homologué fourni par l'Union européenne n'aurait pas été utilisé. Les procès-verbaux de certains bureaux de vote ont été transmis jusqu'à tard lundi matin. Le nombre d'inscrits en Grande Comore varie de près de 2 000 électeurs entre les scrutins du gouvernorat et ceux de la présidentielle le même jour.

Requête collective

562 voix seulement éloignent Fahmi Saïd Ibrahim de la troisième position – qualificative pour le second tour – attribuée à Azali Assoumani. Ce dernier s'est joint à la requête collective malgré sa présence dans le trio.

Les grands gagnants du premier tour ne sont autres que l'actuel vice-président en charge des finances et le gouverneur de Grande Comore. D'où l'élan de solidarité des autres candidats pour, disent-ils, « sauvegarder la démocratie ». Ils envisagent tous ensemble de saisir la Cour constitutionnelle si la Céni n'accède pas à leur requête.

→ A (RE)LIRE : Présidentielle aux Comores: les clefs d'une élection atypique